Pizzas Buitoni : le dossier confié à un juge d’instruction

Paris, le vendredi 13 mai 2022 – Le parquet de Paris a annoncé hier soir que les investigations sur le « scandale des pizzas Buitoni » ont été confiées à un juge d'instruction.

Cette information judiciaire a été ouverte des chefs « d'homicide involontaire à l'égard d'une personne, blessures involontaires à l'égard de 14 personnes, tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l'homme ou de l'animal, exposition ou vente de produit alimentaire servant à l'alimentation falsifié ou corrompu et nuisible à la santé, mise sur le marché d'un produit dangereux pour la santé et mise en danger d'autrui ».

Rappelez-vous, les autorités sanitaires avaient été alertées dès février par la recrudescence de cas d'insuffisance rénale chez des enfants, liés à une contamination par Escherichia coli responsable d’un syndrome hémolytique et urémique. Le 18 mars, Nestlé (le propriétaire de Buitoni) avait annoncé le retrait des pizzas de la gamme Fraîch'Up commercialisées depuis juin 2021, après avoir été informé de la présence de la bactérie dans la pâte d'un produit. Le 30 mars, les autorités sanitaires annonçaient avoir établi un lien entre la consommation de ces pizzas et plusieurs cas graves de contamination avant que le préfet du département du Nord n'interdise, deux jours après, la production de pizzas au sein du site de Caudry (Nord). Des inspections avaient en effet révélé « la présence de rongeurs » et le « manque d'entretien et de nettoyage des zones de fabrication, de stockage et de passage ».

Une enquête préliminaire était déjà en cours, depuis le 22 mars, au pôle santé publique du parquet de Paris, pour « tromperie sur une marchandise, exposition ou vente de produits alimentaires corrompus ou falsifiés et nuisibles pour la santé, mise sur le marché d’un produit préjudiciable à la santé, mise en danger d’autrui, blessures involontaires et homicides involontaires ».

56 cas dont deux mortels

Hier matin le ministre de la Santé Olivier Véran avait réagi à l'affaire, sur BFMTV - RMC. « Il y a deux enfants qui sont morts d'avoir mangé une pizza (...) je vous assure que c'est poignant », a-t-il déclaré, se disant « dévasté » par ce « drame humain absolument terrible » qui « ne devrait jamais arriver » mais « n'a pas pu être évité ». Le ministre a assuré qu'il « (s')associe pleinement à la douleur et à la détresse de cette famille », qu'il n'a « pas eu le droit de contacter » car il n'avait « pas à connaître l'identité » des victimes en raison du secret médical. « S'ils souhaitent me contacter directement, je leur répondrai évidemment », a-t-il ajouté, souhaitant « qu'il n'y ait pas une ambiguïté sur (son) émotion » et sur « la détermination (du gouvernement) pour assurer la sécurité alimentaire et mettre la lumière sur cette histoire ».

Dans son dernier bilan arrêté au 4 mai 2022, Santé Publique France recense 56 cas (55 enfants et un adulte) confirmés de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) et d'infections aux bactéries E.coli producteurs de shiga-toxine (STEC) en lien avec la consommation de pizzas Fraîch'Up de marque Buitoni. Les 55 enfants malades sont âgés de 1 à 17 ans avec un âge médian de 6 ans ; 25 (45%) sont de sexe féminin ; 48 (87%) ont présenté un SHU, 7 (13%) une gastro-entérite à STEC (dont l’adulte concerné). Deux enfants sont décédés.

Emmanuel Haussy

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