Protection de l’enfance : le gouvernement veut écouter les parents

Paris, le jeudi 7 novembre 2019 - Le gouvernement lance une consultation en ligne afin de recueillir l’avis et les témoignages de parents pour améliorer l’accompagnement des débuts de la parentalité.

C’est une sorte de baptême du feu pour Adrien Taquet. Neuf mois après sa nomination comme secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, l’ancien député a présenté ce mardi les grands axes de la stratégie nationale de protection de l’enfance 2020-2022 élaboré par ses services. Le ministre a surtout insisté sur le programme "1 000 parents pour 1 000 jours" qui vise à améliorer l’accompagnement des parents dans les 1 000 premiers jours de l’enfant.

Ces 1 000 jours, qui s’étalent du 4ème mois de grossesse aux deux ans du bébé (bien que arithmétiquement ceci ne fasse pas 1000), sont primordiales pour le développement futur de l’enfant. « Un laps de temps relativement court où l’être humain se développe plus rapidement que dans toute autre période de sa vie » rappelle le communiqué du gouvernement. Mais durant cette période décisive, les nouveaux parents sont parfois démunis face aux défis et difficultés que posent la petite enfance.

Une consultation en ligne pour aider le gouvernement

Le ministre souhaite donc élaborer un Parcours 1000 jours qui vise notamment à assurer aux parents un meilleur accès aux soins et à des informations fiables et une meilleure adaptation aux besoins de chacun des modes de garde et des congés parentaux. Pour élaborer ce programme, le gouvernement a décidé d'une consultation en ligne afin que les parents eux-mêmes puissent contribuer à la mise en place de ce projet via leur avis et témoignages.

Mais ces avis anonymes ne seront pas les seuls pris en compte. Le Parcours 1000 jours s’appuiera également sur les recommandations d’une commission de 18 experts dirigé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui rendra son avis début 2020. Les objectifs de la commission sont notamment d’élaborer un consensus scientifique sur les recommandations de santé publique concernant la grossesse et la petite enfance et d’établir un parcours du nouveau parent lisible et pratique.

Mieux lutter contre les violences faites aux enfants

Parmi les autres mesures annoncées, le ministre a déclaré vouloir renforcer les moyens destinés à lutter contre les violences physiques et sexuelles contre les mineurs, alors qu’un enfant meurt sous les coups de ses parents tous les 5 jours ! Le ministre souhaite notamment mieux accompagner les médecins, notamment les généralistes, dans leur rôle de détection de ce type de violences. Il indique également réfléchir à la mise en place d’un numéro de téléphone d’urgence destiné non pas aux victimes mais aux auteurs de ces violences, comme il en existe déjà en Allemagne.

QH

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Vos réactions (1)

  • Perversité sociale

    Le 10 novembre 2019

    Et toujours cette question qu’il n’est pas possible de poser : quelle aide, quelle protection effective, quelle élaboration possible, pour ces enfants confrontés au quotidien (hormis les 3 heures de soin hebdomadaire) à ces parents qui malheureusement présentent de graves difficultés psychologiques voire psychiatriques avec qui il convient encore de penser que les concepts de parentalité (élaborés dans un autre registre psychologique très différent) seront opérant et pourront être une aide pour l’enfant et ses parents ?

    35 ans de clinique concomitante (enfant et adulte) en CMP et CMPP confrontent au quotidien à cette lancinante question.

    Un dogme qui place le lien familial, biologique comme la référence affective à préserver, dans des proximités qui entretiennent le lien pathologique (visites médiatisées, accueils ponctuels, avec le parent en souffrance sans soin, avec l’agresseur) montre toute son impuissance, voire une forme de perversité sociale, et fait le lit d’incompréhensions, de défiances et de colères futures très délétères pour l’enfant devenu adulte (il suffit de pouvoir suivre ces enfants ensuite à l’âge adulte pour en témoigner).

    Mais dans le même temps la procréation et la gestation s’affranchissent de ces contraintes ?!

    Dr Pascal Bourdon

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