Rebond épidémique : plateau en vue ?

Paris, le vendredi 9 octobre 2020 – Vendredi dernier, le JIM titrait sur « une première éclaircie » sur le front épidémique constatant la stabilisation ou la baisse des indicateurs précoces (consultations pour IRA*, actes de SOS médecins, passages aux urgences, nombre de tests positifs…) malgré une hausse des signes de gravité (hospitalisations, admissions en réanimation, décès). Cette semaine, cette tendance se confirme.

Ces chiffres qui se stabilisent

En médecine générale, le taux d’incidence pour IRA du réseau Sentinelles est stable depuis la semaine 38.

Ainsi, en semaine 40 (du 28 septembre au 4 octobre 2020), le taux d’incidence de consultations pour une IRA a été estimé à 107/100 000 habitants en France vs 106/100 000 habitants. Le nombre d’actes médicaux SOS Médecins pour suspicion de Covid-19 en S40 est lui aussi inférieur à celui de la semaine précédente (-6 %). Dans les services d’urgences, la même évolution est observée avec une diminution de -9 %.



Figure 1 : nombre de passages aux urgences et part d’activité pour suspicion de COVID-19, hebdomadaire par classe d’âge depuis le 29 juin 2020, France (source: OSCOUR®)

En semaine 40, 75 321 nouveaux cas confirmés par PCR de COVID-19 ont été enregistrés en France métropolitaine soit une hausse de 8 % par rapport à S39. Le taux d’incidence était donc en légère augmentation avec 116 cas /100 000 habitants (vs 108 cas/100 000 en S39). Le nombre de dépistage (- 9 %) continuant de baisser, le pourcentage de positivité augmente logiquement (les cas symptomatiques étant prioritaires) et largement cette semaine (9,1 % vs 7,7 %).

Soulignons ici néanmoins, que ces deux marqueurs, souvent utilisés pour aiguiller les politiques publiques sont à manier avec précaution. D’une part car le taux d’incidence est fortement influencé par les capacités des laboratoires de biologie médicale et les recommandations des autorités sanitaires, et d’autre part car le taux de positivité ne tient pas compte des « re-tests » (environ 20 % des RT-PCR réalisées actuellement en France).

Le Reff SI-DEP (1,07 en S40 vs 1,00 en S39), le Reff SI-VIC (1,09 en S40 vs 1,06 en S39) et le Reff OSCOUR® (0,88 – stable), qui permettent de décrire la dynamique du Covid-19, se maintiennent à des niveaux comparables.

Des signes de gravité encore en (légère) augmentation

En milieu hospitalier, le nombre hebdomadaire de nouvelles hospitalisations pour COVID-19 a très légèrement augmenté en semaine 40 avec 4 264 nouvelles hospitalisations (vs 4 204 en S39, soit +1 %).



Figure 2 : nombre hebdomadaire de cas de COVID-19 nouvellement hospitalisés selon la date de déclaration, depuis le 19 mars et depuis le 1er juin 2020, données au 06 octobre 2020, France (source : SI-VIC)

Le nombre de nouvelles admissions en réanimation a continué, lui, à croitre (893 en S40 vs 786 en S39, soit +14 %).



Figure 3 : nombre hebdomadaire de nouvelles admissions de patients COVID-19 en réanimation, selon la date de déclaration, depuis 1er juin 2020, données au 06 octobre , France (source : SI-VIC).

Le nombre hebdomadaire de morts du Covid-19 poursuit en semaine 40 son évolution défavorable mais dans une moindre mesure que les semaines précédentes (+3 % entre S39 et S40 contre +31 % entre S38 et S39).

Toutes choses égales par ailleurs, les statistiques produites cette semaine par Santé publique France sont donc peut-être annonciateur d’une stabilisation des indicateurs de gravité épidémiques, dans les deux à trois semaines. Notons ainsi, que bien qu’il ne s’agisse pas encore de chiffres consolidés (dont nous ne disposerons que vendredi prochain), on observe déjà une stagnation du nombre de patients en réanimation en France depuis quelques jours (autour de 1 400).

*Infection respiratoire aigue

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Covid fin de partie 2

    Le 11 octobre 2020

    La dernière fois qu'on a entendu "Covid fin de partie" on nous a dit, "attendez on va faire des grandes études sérieuses et on vous dira tout".
    Depuis, toutes les etudes ont capoté et plus aucune investigation n'a été faite. On ne parle plus de publications fracassantes, ni des traitements miracle. Pourquoi? parce qu'il n'y a plus rien à voir depuis longtemps. Le covid se traite comme n'importe quelle maladie en commençant par la médecine de ville libre de mouvements et en n'envoyant que les cas désespérés en Rea. L'avenir est à l'hospitalisation à domicile avec quelques bouteilles d'oxygène et une surveillance renforcée des médecins généralistes.
    Dans l'article on voit les cas de rea continuer à augmenter car le passage en réa maintenant concerne les malades d'il y a quelques semaines, il y a donc un effet retard.
    En attendant de réouvrir les bars pour fêter la fin de partie 2,
    Inspirez! soufflez!

    Xavier Geneste

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