Recours à l’intérim : le privé plus concerné que le public

Paris, le lundi 18 septembre 2023 — Après un infléchissement en 2020, la tendance en ce qui concerne le recours à l’intérim est repartie à la hausse dans les hôpitaux français, qu'ils soient publics ou privés.

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a publié, le 14 septembre dernier, une étude sur le recours à l’intérim dans les hôpitaux français. S’il reste faible dans l’absolu, il est tout de même en augmentation depuis 2017.

Un taux de recours de 0,4 % en 2023

La Dares s’est intéressée, plus précisément, au taux de recours du secteur hospitalier aux intérimaires des entreprises de travail (ETT), ce qui exclut les recrutements directs de gré à gré ainsi que les sociétés de recrutement.

Fin mars 2017, ce taux était de 0,2 %, et il est passé à 0,4 % en mars 2023.

La hausse est d’ailleurs plus marquée dans les cliniques privées, avec un taux de recours à 0,8 % début 2023. Il n’est que de 0,3 % dans le public (contre 0,1 en 2017).

En effet, la Dares indique que le recours à l’intérim est significativement plus élevé dans le secteur privé que dans le public.

Pour la Dares, cette tendance globale (public comme privé) s’explique en grande partie « par un recours accru aux infirmiers intérimaires ». À tel qu’au point que pour le premier trimestre 2023, tous établissements confondus, le taux de recours aux intérimaires des ETT est 3 fois plus élevé pour les infirmiers que pour les autres personnels soignants (0,9 % contre 0,3 %) et 4 fois plus élevé que celui du personnel médical (0,2 %).

Concernant le personnel médical, justement, la Dares explique que le faible taux de recours à l’intérim est très probablement lié à l’utilisation d’autres formes de contrats temporaires : on sait que dans certains établissements, ils sont légions. De plus, les internes, qui représentent 25 % de cette catégorie d'emplois dans le public et 10 % dans le privé ne peuvent pas être recrutées sous forme de contrat temporaire.

Une baisse ponctuelle pendant la crise sanitaire

Enfin, l'institut explique que malgré une baisse du recours à l’intérim pendant la crise sanitaire, la tendance est repartie à la hausse depuis. En effet, au premier semestre 2020, le taux de recours s’est contracté (-0,03 % par rapport au 4e trimestre 2019). Une chute qui trouve ses racines en grande partie dans le secteur privé (- 0,14 % au 1er trimestre 2020), alors que l’intérim est resté stable dans le public.

Pour la Dares, « cette différence public-privé pourrait s’expliquer par la plus forte baisse de l’activité hospitalière hors Covid-19 observée dans les établissements privés que dans le public lors de la première vague de l’épidémie ».

L'organisme de recherche conclut toutefois en nuançant assez fortement ses données, expliquant que « malgré les dynamiques récentes à l’œuvre, le recours aux intérimaires des ETT du secteur hospitalier reste peu développé relativement au reste de l’économie ».

En effet, le taux de recours à l’intérim s’élève à 1,7 % dans le secteur tertiaire et 2,9 % pour l’ensemble des secteurs d’activité. Des chiffres autrement plus élevés que ceux de nos hôpitaux.

Raphaël Lichten

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