Rentrée scolaire : le casse-tête des autotests

Paris, le lundi 3 mai - Ce matin presque tous les collégiens et la moitié des lycéens retrouvaient leurs établissements fermés depuis quatre semaines.

Pour contrôler la circulation du virus dans ces structures, alors qu’à la différence des plus jeunes, les niveaux de transmission sont similaires chez les adolescents que chez les adultes, le gouvernement mise sur les autotests. Ainsi, des millions d’autotests doivent être livrés (jusqu’à 60 millions en juin) pour que chaque personnel puisse se dépister deux fois par semaine (à partir du 3 mai) et les élèves des lycées une fois par semaine (à partir du 10 mai).

Ce dispositif ne concerne pas pour l’instant l’école primaire et le collège. En effet au moment de cette prise de décision par Jean-Michel Blanquer, la HAS était opposée à cette méthode pour les moins de quinze ans, mais sa position a depuis évolué. « Pour l’école primaire, notre stratégie repose sur les tests salivaires. Nous développerons peut-être les autotests pour des classes de collège, fin mai » précise Jean-Michel Blanquer au Journal du Dimanche. Entre la sixième et la troisième, les tests antigéniques avec prélèvement nasopharyngé souffrent pourtant d’une faible acceptation.

Les autotests toujours en Chine ?

Premier problème : « les autotests ne sont toujours pas arrivés » informe Philippe Vincent  secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) sur France Info. « Samedi, j'ai même appris que l'essentiel des autotests étaient encore en Chine. Je pense qu'effectivement lundi il ne se passera pas grand-chose » poursuit-il.

Pourquoi pas à domicile ?

Deuxième difficulté : les modalités sont laissées à la discrétion des établissements, avec cependant pour recommandation que les lycéens réalisent les tests en présence des personnels de l’éducation. Ce qui n’est pas sans poser des difficultés.

« Qui, concrètement va encadrer ces autotests ? Et d’un point de vue matériel, comment on organise tout ça ? », se demande ainsi Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Hector Berlioz à Vincennes et secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale Unsa (SNPDEN Unsa). Les questions sont multiples qui vont du recueil des autorisations pour les mineurs à la gestion des déchets en passant par la formation des enseignants. Une situation rendue encore plus complexe quand on connaît les difficultés chroniques de la médecine scolaire, alors que la majorité des lycées ne compte qu’une seule infirmière pour 1 000 élèves.

« On peut imaginer une approche assez simple : on choisit un lieu à l’intérieur du lycée puis, classe par classe, les élèves viennent y pratiquer leur autotest, sur le temps scolaire, sous la supervision d’un personnel médical, de médiateurs ou de volontaires », propose le ministre de l’Éducation. À noter que le consentement écrit des responsables légaux des élèves mineurs et des élèves majeurs est indispensable pour l’application d’un autotest.

Une vision semble-t-il un peu idyllique. « A ce stade, nous ne savons pas comment on va pouvoir faire passer tous les lycéens une fois par semaine (...) cela nécessiterait des sessions du lundi 5h au vendredi minuit sans interruption, c’est irréalisable », déplore Philippe Vincent.

Aussi, comme d’autres, il s’interroge : « Ne vaudrait-il pas mieux qu'ils se testent chez eux, pour éviter qu'ils ne viennent au lycée s'ils sont positifs ».

A cela le ministre répond : « On va d'abord former les élèves à leur utilisation au sein de leur établissement. Et ensuite, l'idée, c'est qu'ils puissent à terme s'autotester chez eux ».

Sans oublier qu’il faudra immédiatement isoler et faire passer un test PCR aux sujets positifs.

Rendez-vous dans quelques jours pour savoir si cette campagne d’autotests est bien parvenue à se mettre en place…

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • J’espère qu'ils ne seront pas pris en charge par la SS

    Le 04 mai 2021

    Comment peut-on espérer avoir des résultats fiables avec des autotests ?
    A croire que nos dirigeants n'en ont jamais fait!
    Il est à peu près certain qu'ils seront souvent négatifs car:
    -les gens vont mentir
    -le prélèvement sera mal fait (je suis pour ma part incapable de le faire tout seul)
    J’espère qu'ils ne seront pas pris en charge par la SS.

    Dr Daniel Durand

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