Retraites : et si on augmentait celle des médecins libéraux ?

Paris, le mercredi 29 mars 2023 – La CSMF et SNMCR demandent une nouvelle augmentation des pensions des retraites des libéraux, pour compenser l’inflation.

Retraite, les Français n’ont que ce mot à la bouche. Si des millions de Français se mobilisent depuis plusieurs mois contre le projet de réforme des retraites du gouvernement qui prévoit de reporter l’âge légal de départ à 64 ans, la question concerne assez peu, on le sait, les médecins libéraux, qui cessent en général leur activité bien après cet âge-là. En réalité, c’est une autre revendication qui anime les médecins de ville, celle de l’augmentation de leurs pensions de retraite.

Dans un communiqué commun publié ce lundi, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat national des médecins concernés par la retraite (SNMCR) demandent ainsi au ministre de la santé de revaloriser le montant de l’assurance social vieillesse (ASV), qui correspond en moyenne à 34 % du montant de la pension de retraite d’un médecin libéral et ce sans augmenter les cotisations. L’ASV n’a en effet augmenté que de 0,4 % en 2021 et de 1,06 % en 2022, les praticiens retraités ayant touché cette augmentation rétroactivement en janvier dernier (120 euros versés par retraité en moyenne). Insuffisant pour compenser l’inflation, qui est de 6,3 % sur un an en février.

Le trésor de guerre de la CARMF

Notons tout de même que dans le même temps, la retraite complémentaire (qui correspond en moyenne à 45 % du montant de la pension) a augmenté de 5,2 % en 2022 et la retraite de base (21 % de la pension) a augmenté de 1,1 % en janvier 2022 puis de 4 % en juillet.

Si la CSMF et le SNMCR demandent une augmentation de l’ASV (aussi appelé PCV pour prestation complémentaire vieillesse), ce n’est pas seulement pour compenser l’inflation, mais aussi parce que la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) peut se le permettre. En effet, selon des projections récentes de la Carmf, si le montant de l’ASV était indexé sur l’inflation, les réserves de la Carmf diminuerait certes entre 2023 et 2030, passant de 700 millions d’euros à 429 millions d’euros, mais elles remonteraient ensuite en flèche, pour atteindre 1 milliard d’euros en 2035, 4 milliards en 2040, 9 milliards en 2044. Un juteux pactole dont les 84 000 médecins libéraux à la retraite aimeraient bien profiter.

Les deux syndicats rappellent également dans un communiqué que le ministre de la Santé François Braun s’était engagé, dans une lettre adressée aux syndicats de médecins le 22 novembre dernier, à procéder à une « nouvelle revalorisation en 2023 qui tiendra compte du contexte de l’inflation » et à « initier un travail plus structurel sur l’avenir de ce régime et ses grandes tendances démographiques et financières ». Le prenant au mot, la CSMF et le SNMCR demandent désormais une augmentation de l’ASV « de l’ordre de l’inflation ».

Grand flou sur l’exonération de cotisations en cas de cumul emploi-retraite

Le montant de l’ASV n’est pas le seul sujet qui fâche concernant la retraite des médecins libéraux. La CSMF et le SNMCR n’ont pas oublié que le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour l’année 2023 contient un article prévoyant que les médecins en situation de cumul emploi retraite (qui sont plus de 12 000) seront exonérés de cotisations retraite en 2023, à condition que leur revenus soit inférieur à un montant fixé par décret. Près de trois mois après le début de l’année, ce décret n’est toujours pas paru, tant et si bien que la réforme n’est toujours pas en place et que les médecins retraités qui exercent encore continuent de payer des cotisations. « Les médecins retraités attendent avec impatience la parution du décret (…) cette mesure destinée à inciter les médecins à maintenir une activité en cumul, ne peut actuellement être mise en œuvre et ce retard dessert son objectif » regrettent les syndicats.

Quentin Haroche

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