Risque de pénurie de produits de sédation : alerte dans les hôpitaux

Paris, le vendredi 27 mars 2020 – Depuis plusieurs jours, outre le dépassement de leurs capacités d’accueil, les services de réanimations sont fortement préoccupés par le risque de ruptures de stock de produits de sédation (curares, midazolam, propofol). Le 19 mars déjà, dans les colonnes de Décision Santé, le chef du service de réanimation de l’hôpital de Bobigny, le docteur Yves Cohen s’inquiétait : « Notre crainte principale à ce jour concerne les ruptures de stock de produits de sédation (…). Habituellement, dans le service, moins de 50 % des patients sont intubés pour une durée de sept jours. Avec le COVID-19, 100 % des malades seront intubés pour une durée de quinze jours. Les industriels doivent donc augmenter la production ».

Pression sur les industriels

Alors que ces derniers jours d’autres médecins et professionnels de santé exerçant dans les services de réanimation ont relayé des inquiétudes similaires, les centres hospitaliers mettent en place une politique de gestion de la pénurie. Ainsi, l’Assistance publique – hôpitaux de Paris (AP-HP) a établi en urgence un guide de bonnes pratiques, destiné à encadrer l’utilisation des traitements. Il s’agit par exemple de mesurer avec précision la «profondeur de l’anesthésie » pour une meilleure posologie du curare, ou encore de « potentialiser les hypnotiques » grâce à l’ajout d’autres médicaments. Parallèlement, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a pris contact avec les industriels concernés afin de garantir la sécurisation de l’approvisionnement, voire l’augmentation de la production. Mais là encore, ce besoin impérieux se heurte à la difficulté d’accès à des matières premières. Or, l’Inde a interdit le 4 mas l’exportation de 26 principes actifs, tandis que certains redoutent que les Etats-Unis puissent décider de réserver leur production de curares à leurs besoins internes. L’ANSM a d’ores et déjà mis en place un suivi hebdomadaire des stocks de médicaments essentiels, dont font partie les produits sédatifs et se montre principalement alertée par la situation du propofol. Certains souhaitent par ailleurs que l’impossibilité pour la France de limiter les exportations des molécules sous tension d’approvisionnement soit levée.

La France n’est pas le seul pays concerné. Des alertes de ce type ont également été lancées en Belgique.

A.H.

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Vos réactions (2)

  • Réquisition des produits vétrinaires ?

    Le 28 mars 2020

    Il est peut-être question de réquisitionner le propofol des industries pharmaceutiques vétérinaires s'il est transposable en médecine humaine.

    Dr Vanessa Zaoui

  • Propofol gratuit

    Le 22 avril 2020

    Du propofol a été fourni gratuitement par le laboratoire vétérinaire Axience (18500 flacons).

    Dr Lucile Chazaux (vétérinaire)

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