Shocking : au Royaume-Uni, l’épidémiologiste Neil Ferguson démissionne… après avoir enfreint le confinement

Londres, le mercredi 6 mai 2020 - Le Royaume-Uni se réveille aujourd’hui avec une histoire de moeurs « à la française. »

Alors que le pays est le premier à franchir en Europe la terrible barre symbolique des 30 000 morts liés au Covid-19, la presse britannique fait ses gros titres sur le cas particulier de Neil Ferguson, épidémiologiste vedette de l’Imperial College et membre éminent du SAGE, le comité scientifique du gouvernement de Boris Johnson.Le motif ? Ce dernier est accusé par The Telegraph d’avoir violé les règles d’un confinement qu’il avait fortement contribué à installer dans le Royaume.

Neil Ferguson se voit reprocher d’avoir « au moins à deux reprises » pris la liberté de traverser Londres, pour retrouver sa maitresse, une femme mariée de 38 ans.

L’affaire peut prêter à sourire, mais c’est désormais un homme clé du dispositif de lutte contre le coronavirus au Royaume-Uni qui a été contraint de démissionner.

Un ethos mis en cause

Peu de temps après la révélation de l’affaire par le quotidien, Neil Ferguson a dû admettre une « erreur de jugement ».Le scientifique indique avoir agi ainsi considérant qu’il était immunisé contre la maladie « après avoir été testé positif au coronavirus et après avoir été isolé pendant au moins deux semaines après avoir développé des symptômes ».

Dans un acte de contrition publique, Neil Ferguson a indiqué regretter « d’avoir sapé le message officiel de distanciation sociale, qui est sans équivoque et destiné à tous nous protéger. »

Des scientifiques en colère

Neil Ferguson était devenu en quelques semaines un visage familier au Royaume-Uni.

C’est sur la base de ses modélisations particulièrement alarmistes que le Premier Ministre Boris Johnson a été contraint d’abandonner (en catastrophe) une approche très différente de la gestion de l’épidémie.L’Imperial College estimait notamment que faute de confinement, l’épidémie risquait de provoquer la mort de 250 000 britanniques.

Ce n’est cependant que fin mars que le pays a décidé d’adopter un confinement strict, sur le même modèle que les pays de l’Union Européenne.

Comme le rapporte Le Monde, la communauté scientifique britannique a témoigné une certaine colère face à cette démission. Anthony Costello, professeur de santé publique à l’University College de Londres s’insurge ainsi dans un tweet : « Neil Ferguson est un bon modélisateur et un scientifique indépendant. Il a transgressé les règles il y a un mois.. Alors pourquoi cette “non-info” est-elle sortie le jour où le bilan de nos morts a dépassé celui de l’Italie ? », avant de conclure « qui d’autre va être désigné comme bouc émissaire ? »
Une prise de position qui rappelle qu’au Royaume-Uni, au-delà des anecdotes croustillantes, de plus en plus de voix s’élèvent pour critiquer la gestion de la crise.  

CH

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Vos réactions (3)

  • Freud avait donc raison...

    Le 06 mai 2020

    Eros l'emporte sur Thanatos...

    Dr YD

  • A la française ?

    Le 07 mai 2020

    On pense en premier lieu au Président H et il fallait mettre un peu de condiment dans l'article.
    Nos cousins italiens, comme les français sont pointilleux sur le domaine du sexe.
    Déconfinés avant nous ils ont eu à trancher entre époux, couples de fait, fiancés...

    Le contexte d'une liaison affective stable doit être pris en compte, la liaison était elle préalable au confinement ou non.
    L'affaire aurait pu être réglée discrètement, au besoin avec un rappel à la loi.

    Dr Jean-Luc Sterckeman

  • Mourir, la belle affaire

    Le 07 mai 2020

    Le non confinement est, au pire, mortel.
    L'Amour, lui, est vital.

    Dr YD

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