SOS médecins : la guerre de la visite aura bien lieu

Paris, le jeudi 16 septembre 2021 - Le 4 août dernier, à l’occasion d’une assemblée générale extraordinaire, la fédération SOS médecins déterrait la hache de guerre.

Inégalité de traitement

La raison de la colère ? L’avenant n°9 qui écarte les médecins de SOS de la revalorisation de la visite longue.

Les médecins libéraux ont effet obtenu une revalorisation de la visite longue (VL), à hauteur de 70 euros pour leurs patients de plus de 80 ans et en ALD dont ils sont le médecin traitant. Les praticiens de SOS conservent pour leur part le tarif de 35 euros en journée pour la visite à domicile.

Dès lors, la fédération demandait : « La pérennisation et l’extension de la cotation VG+MD+MU (qui avait été mise en place pendant la crise Covid dans les Ehpad) pour les visites effectuées dans un délai de 4 heures ainsi que l’indemnité de déplacement unique, quel que soit l’horaire, portée à la valeur de la majoration de déplacement (MD) » et « l’intégration des médecins SOS MÉDECINS dans les bénéficiaires de l’avenant n°9 notamment pour la visite longue ».

Pour faire entendre cette revendication, la fédération appelait « l’ensemble de ses associations à réaliser des actions locales spécifiques, telles que l’arrêt des visites « institutionnelles » (SAMU, SAS, EHPAD, certificats de décès, GAV, IPM…), suspension partielle d’activité en continuité ou/et en PDSA ».

Un appel qui semble être entendu par de plus en plus d’associations SOS médecins.

Ainsi, à ce jour, 6 d’entre elles sont mobilisées : Tours, Cherbourg, Nantes, Fréjus, Orléans et Toulon.

C’est à Tours et à Cherbourg que la gronde a été la plus médiatisée. À Tours, les médecins de SOS n’effectuent plus de visites à domicile la semaine en journée, tandis qu’à Cherbourg, où une grève a démarré ce 15 septembre, les médecins ne se rendent plus en journée dans les foyers de résidence pour personnes âgées et les Ehpad et suspendent les visites sur demande de la police ou de la gendarmerie.

La fin de SOS médecins dans 5 ou 10 ans ?

À Tours, deux des 12 médecins de l’antenne tourangelle quitteront bientôt leur poste, mais aucune solution de remplacement n’a pour l’heure été trouvée, rapporte France 3. "Notre profession est en train de mourir, et plus personne n'en fera d'ici 5 à 10 ans si rien n'est fait", alerte ainsi le Dr Campagne.

À Cherbourg, Christophe Marchenay explique que l'activité de SOS Médecins auprès des patients de plus de 75 ans a augmenté de plus 200 %, entre 2004 et 2019. "Cet acte qui représente une solution pour les plus fragiles est voué à disparaître avec les décisions qui sont prises par nos dirigeants et nos autorités de tutelle", constate le médecin dans la revue locale Tendance Ouest.

À suivre…

X.B.

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