Tour d’Europe du « pass sanitaire »

Paris, le mercredi 21 juillet - La France n’est pas seule. Petit tour d’horizon des pass sanitaires qui fleurissent un peu partout sur le vieux continent.

Quelque chose de pionnier au Royaume du Danemark

Premier pays à avoir expérimenté un tel dispositif : le Danemark.

Ainsi, dès le 21 avril 2021, les Danois ont accompagné la réouverture des bars, cafés, restaurants, musés et bibliothèques d’un "Coronapas". Ce document, format papier, est obligatoire pour les plus de 15 ans et permet de justifier d'un schéma complet de vaccination ou d'un test négatif de moins de 72 heures, ou d'une infection par le SARS-CoV-2 dans les 12 semaines précédentes. Selon les reporters de France Inter « cette mesure a bien été accueillie par la population dans son ensemble ». A l’exception des "Men in Black", un groupuscule de protestataires habillés en noir qui manifeste régulièrement depuis décembre 2020 contre les restrictions sanitaires.

A ce jour, seule l’Autriche et désormais la France semblent avoir suivi ce modèle restrictif.

Mais certains pays semblent leur emboiter le pas, comme la Grèce et surtout le Portugal où déjà le pass sanitaire à la sauce danoise est utilisé dans les territoires les plus touchés par le virus.

D’autres États n’utilisent le pass sanitaire que comme cela était au départ prévu par l’Union : un certificat nécessaire pour entrer sur leur territoire national.

A Malte, par exemple, depuis le 14 juillet 2021, seuls les voyageurs ayant reçu deux doses de vaccin sont acceptés. En cas d'absence de certificat de vaccination, il faut présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures, puis rester en quatorzaine.

Certains pays paraissent, en revanche, plus réticents à mettre en place un pass sanitaire pour la vie quotidienne comme c’est le cas de l’Allemagne, de la Bulgarie et de l’Espagne.

En Allemagne, aucun pass sanitaire n'est exigé dans les établissements recevant du public, la population reste seulement invitée à se procurer l'application CovPass pour télécharger le passeport sanitaire européen. Connu désormais sous le nom de "certificat numérique européen Covid" qui permet de voyager dans les pays voisins.

En Bulgarie, seuls les gestes barrières et les jauges dans les lieux publics sont exigés comme en Espagne qui n’entend pas mettre en place de pass sanitaire.

Le Royaume-Uni et l’Italie sur le point de basculer

D’autres États, comme le Royaume-Uni, laissent un sursis à leur population.

Lundi, le gouvernement britannique à annoncé l'instauration en septembre d’un pass sanitaire prouvant une vaccination complète contre le coronavirus à l'entrée des établissements accueillant un public nombreux, comme les discothèques. Un pass encore plus sévère qu’au Danemark, puisqu’un test négatif ne sera pas suffisant…

Notons enfin le cas singulier de l’Italie, où la vaccination des soignants est déjà obligatoire depuis plusieurs mois. Ici, le gouvernement de Mario Draghi consulte les régions et négocie une extension du pass sanitaire.

Mais de l’autre côté des Alpes, les observateurs se font peu d’illusion “Il semble désormais certain que le pass sera obligatoire pour voyager dans les avions, les trains, les bateaux et les bus longue distance, mais aussi dans les stades de plus de 25 % de capacité, les grands événements, les concerts, les cinémas, les théâtres, les piscines, les salles de sport et les discothèques” rapporte le quotidien Il Sole 24 Ore.

Les Italiens sont désormais suspendus à la tenue ce jeudi du Conseil des ministres.

Des pass sanitaires qui pourraient (peut-être) disparaitre plus rapidement que prévu. A Moscou, qui en avait instauré un en tout point similaire à celui qui va voir le jour en France, l’expérimentation n’aura duré que trois semaines…

A suivre…

Xavier Bataille

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Vos réactions (2)

  • Le bal des antis est relancé

    Le 25 juillet 2021

    Certains ont connu les anti-ceinture de sécurité, les anti-limitation de vitesse, les anti-limitation de publicité pour l'alcool et, cerise sur le gâchis, interdiction d'enfumer les autres quasiment partout.
    Il est temps de raviver ces souvenirs!
    Au secours monsieur Godwin.
    Vive la liberté qui, selon un de mes maitres philosophe, n'existe que dans les toilettes.

    Dr Robert Chevalot

  • Gri-gri et tour de pass-pass

    Le 25 juillet 2021

    Pris par le tournis et pour et contre, violemment pour et violemment contre, cette affaire de laisser passer vaccinal fait oublier le fait qu'il n'est qu'un élément possible, politiquement d'abord, médicalement ensuite, très loin derrière, d'une action nationale pour gérer les épidémies récurrentes de covid.
    Ça ne fait pas trop de mal, ça a plutôt des aspects positifs, ça institue une règle, ça pointe un horizon, ça calme la plupart.
    Bien entendu, ce type de décision est très composite, en partie incertain sur le plan technique. Rien ne dit que l'adoption de ce passe puisse à lui seul permettre d'assurer une vie quasi normale pour le large cercle des élus vaccinés.

    Les rationnalités apportées en collatéral sont fragiles, elles manquent d'une preuve effective, que seule l'expérience réelle grandeur nature peut apporter. Mais entre cette solution toute fragile qu'elle soit et une absence de solution ou d'horizon, il n'y a pas photo. La liberté dis-tu, qu'en est-il de nos libertés dans un monde où Google et consorts connaissent en temps réel le fond de nos âmes, jusqu'à nos désirs les plus secrets, que nous leur donnons, pour presque rien du reste.
    Et puis c'est si marrant de penser vacciner les antivaxs les plus forcenés, les plus fous, les plus acharnés, les plus retors. Bonne chance et bon courage.

    Dr Gilles Bouquerel

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