Un centre d'hébergement parisien pour mères sans abri pris d'assaut !

Paris, le lundi 2 décembre 2019 - Le nombre de femmes qui accouchent dans la rue est en pleine augmentation et les pouvoirs publics n’ont plus assez de places pour héberger toutes les mères sans abri.

Ce mercredi à Paris, l’hôpital Trousseau, dans le 12ème arrondissement, vient d’ouvrir soixante nouvelles places d’hébergement pour des mères sans abri et leur nouveau-né. L’information se répand rapidement et en quelques heures l’établissement se retrouve pris d’assaut par de nombreuses familles en détresse. Les soixante places ont trouvé preneur très rapidement et l’hôpital est finalement obligé de faire appel à des vigiles pour empêcher d'autres familles de pénétrer dans l’établissement. Une scène surréaliste qui illustre le désarroi des pouvoirs publics face au drame des mères sans abris.

Les services d’hébergement saturés

Le nombre de familles à la rue est en augmentation depuis plusieurs années selon les associations de lutte contre la précarité. 146 enfants seraient nés dans la rue en 2019, contre 100 en 2018 et 49 en 2017 (selon le Centre d’action sociale protestant) et 700 enfants vivent dans la rue en Ile-de-France (selon Emmaus Solidarité). En cause, la hausse de la précarité mais surtout la vague migratoire. Le nombre de demandeurs d’asile a plus que doublé en 10 ans et les centres qui leur sont consacrés ne peuvent plus faire face.

L’augmentation du nombre de places d’hébergement, que ce soit en hébergement d’urgence, ou à l’hôtel, n’a pas suivi cette hausse du nombre de sans-abri et les capacités d’hébergement sont désormais insuffisantes. Chaque jour, ce sont des centaines de mères qui trouvent refuge dans les maternités de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avec leurs enfants. Si certaines obtiennent des lits, d’autres doivent vivre dans un couloir ou un coin de salle d’attente. Cet été, la presse avait dénoncé la situation de l’hôpital Lariboisière, où une dizaine de femmes vivaient avec leurs enfants dans la salle d’attente de la maternité. 

Un vœux présidentiel non réalisé !

Force est de constater que les autorités ont pris conscience de l’ampleur du problème et se mobilisent pour améliorer l’hébergement des familles. Ce 1er juillet, l’AP-HP a réouvert l’hôpital de la Rochefoucauld pour y accueillir 174 femmes en situation précaire : il affiche complet depuis le 20 août. Un autre centre d’accueil de 150 place à été ouvert ce 1er novembre dans le Val-de-Marne et est déjà saturé. Enfin, le ministre du logement Julien Denormandie a convoqué une réunion de crise avec les associations jeudi dernier tandis que la ville de Paris a annoncé la création de 1000 places d’hébergement supplémentaires.

Malgré cette mobilisation, on est loin, très loin, de la promesse du Président Emmanuel Macron qui ne voulait « plus personne dans la rue » d’ici la fin…de l’année 2017. Et en attendant que ces nouvelles places d’hébergement soient créées, les drames se multiplient. Gilles Petit-Gats, responsable au Centre d’action sociale protestant, confie ainsi au Monde que son association a pris en charge une femme qui a accouché de jumeaux après avoir passé six semaines dans la rue : l’un des enfants n’a pas survécu.   

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article