Un collectif de médecins favorable à l’HCQ fait référence à Mengele… et est sévèrement condamné par l’Ordre

Paris, le mardi 15 septembre 2020 – Alors que dès le mois de mars les autorités politiques adoptaient des mesures visant à encadrer la prescription d’hydroxychloroquine (HCQ) chez les patients atteints de Covid-19 face à l’absence de preuve solide de son efficacité et de son innocuité, un groupe de praticiens constituait en réaction le collectif « Laissons les médecins prescrire ». Souhaitant initialement mettre en place une étude en médecine libérale afin d’évaluer l’intérêt de l'HCQ, le groupe n’a pour l’heure pu présenter que des résultats rétrospectifs, avec une méthodologie très discutable. Cependant, nul ne peut contester son droit de défendre la liberté de prescription.

« Des êtres de contact »

Pour autant, la communication des membres ou proches de « Laissons les prescrire » est souvent sans nuance et n’évite pas toujours les invectives dans leurs échanges avec les interlocuteurs ne partageant pas leurs opinions. Ce week-end, une frontière a été franchie. Évoquant la recommandation formulée par certains d’isoler les plus âgés (notamment ceux vivant en Établissement pour personnes âgées dépendantes) face à la persistance de la circulation de SARS-Cov-2 « Laissons les prescrire » a exprimé sa désapprobation dans un tweet faisant référence au médecin nazi Joseph Mengele connu pour ses expérimentations sadiques sur les prisonniers de camp de concentration. « Les êtres humains sont des êtres de contact et Mengele a bien étudié ce que l'absence de toucher créait chez les bébés séparés de leurs mères. Semer la terreur de façon injustifiée est irresponsable. Exclure nos anciens et ceux qui nous sont chers, encore la folie Covid19 » écrit l’organisation.

Les australiens comparés aux nazis par un député !

Le message a soulevé de façon prévisible un tollé chez les professionnels de santé présents sur les réseaux sociaux. La ligue contre le racisme et l’antisémitisme s’est associée à ces voix pour manifester son indignation face à cette référence. Interpellé de toute part, l’Ordre des médecins est sorti de son silence hier : « L’Ordre condamne fermement la référence inqualifiable et inacceptable du collectif Laissons les prescrire. Il rappelle que tout médecin est tenu par ses obligations déontologiques dans son expression publique, et ce en toutes circonstances » a-t-il martelé sur Twitter.

Cette admonestation sera-t-elle suffisante pour inciter « Laissons les prescrire » à la tempérance. Pas si sûr. Membre du collectif et député du Bas Rhin, Martine Wonner a répondu aux questions de Whats’up Doc. Si elle reconnait que la référence à Joseph Mengele est « insupportable » et assure qu’elle ne l’aurait pas personnellement utilisée, elle ne renie pas cependant sa pertinence. « Le seul objectif de ce tweet était de rappeler qu’il ne faut pas oublier l’histoire, car c’est ce qui se passe actuellement en Australie, on sépare les enfants des familles » affirme-t-elle (ce qui est une interprétation sans doute exagérée des mesures drastiques australiennes). Martine Wonner remarque encore que des personnes juives ont « aimé » le tweet, ce qui serait pour elle une marque suffisante de son absence d’indignité ! Le collectif n’a de son côté pas même pris la peine de ce type de tentatives d’explication. Dans un message publié hier, il confirme qu’il s’agissait d’établir une comparaison entre les méthodes adoptées pour limiter les conséquences les plus graves de l’épidémie avec les heures les plus sombres de l’histoire et assène : « Si des pleutres déforment nos propos ou ne veulent pas comprendre, ceci est de leur responsabilité ». La nuance et la justesse (dans tous les sens du terme) ne semblent plus avoir droit de cité.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (12)

  • Liberté de presciption

    Le 15 septembre 2020

    Cette "liberté" (de prescrire) est un leurre ; notre devoir est de ne prescrire que dans le cadre de la médecine basée sur la preuve. Si l'on désire mener une étude en pratique libérale ou de ville, il est éthiquement correct de la faire encadrer par des statisticiens et d'en avertir une instance compétente. Nombre de recommandations font sortir l'HCQ de la médecine basée sur la preuve...

    Arrêtez de faire peur aux citoyens en leur faisant croire que les mesures de prudence ou de précaution sont plus dangereuses que la pathologie.
    Par ailleurs il est évident que la référence à Mengele est inadmissible.

    Dr JM Servais, Belgique

  • La publication du Collectif

    Le 15 septembre 2020

    La publication du Collectif «Laissons Les Médecins Prescrire, France» évoquée par Aurélie Haroche est en libre accés : Que chacun se fasse son opinion :
    V Guérin, P Lévy*, JL Thomas et coll . Azithromycin and Hydroxychloroquine Accelerate Recovery of Outpatients with Mild/Moderate COVID-19 . Asian Journal of Medicine and Health 2020 Jul 15 ; 18 (7) : 45-55 DOI : https://doi.org/10.9734/ajmah/2020/v18i730224

    Refusé ailleurs
    *Rétraction de l’Institut Pierre-Louis de Santé Publique
    Payer pour être publier ?

    La même revue avait publié en Aout, puis rétracté, le désormais célèbre canular si instructif : "Trottinettes & Hydroxychloroquine"
    http://www.mimiryudo.com/blog/wp-content/uploads/2020/08/test.pdf

    Dr JP Bonnet

  • Loi ou point Godwin

    Le 16 septembre 2020

    Cette "loi" est bien connue des jeunes internautes. A consulter pour ceux qui ne connaitraient pas.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin

    Dr Marie-Ange Grondin

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