Un enfant infecté par le tétanos à Tours

Tours, le mardi 21 juillet 2015 – La Nouvelle République a révélé la semaine dernière qu’un enfant de huit ans était hospitalisé depuis désormais plusieurs semaines à l’hôpital de Clocheville à Tours : le petit garçon est infecté par le tétanos.  Grâce à la vaccination, le nombre de cas de tétanos et de décès liés à cette maladie n’ont cessé de diminuer ces dernières décennies. Néanmoins, entre 2005 et 2014, 95 cas ont été rapportés en France, entraînant 26 décès. Dans la majorité des cas, les sujets concernés étaient âgés de plus de 50 ans (88 %) et même de plus de 70 ans (78 %). Ces infections tardives sont liées à la fréquente absence de rappel vaccinal chez les sujets adultes. Chez les plus jeunes, l’obligation vaccinale, le plus souvent très bien respectée chez les nourrissons et les enfants, permet d’assurer une protection parfaite. Ainsi, les cas avant 30 ans sont extrêmement rares : dans une étude concernant les cas de tétanos entre 2008 et 2011 en France, la plus jeune victime était âgée de 28 ans et résidait à Mayotte.

Une absence d’anticorps difficilement explicable autrement que par la non vaccination

Cette situation épidémiologique rappelle le caractère exceptionnel de cette hospitalisation d’un enfant de huit ans. Le petit garçon n’était-il pas vacciné pour des raisons médicales spécifiques ? Son carnet de santé porte pourtant la trace d’une vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la polio. Cependant, la Nouvelle République indique que les premières analyses biologiques n’ont décelé aucune trace d’anticorps antitétaniques ou anticorps antidiphtériques. Les spécialistes semblent exclure la possibilité d’une réaction particulière ayant entraîné cette absence d’anticorps. « Cela est techniquement impossible » juge dans les colonnes de Pourquoi docteur, le chef du service de maladies infectieuses et tropicales du CHU de Grenoble, le professeur Jean-Paul Stahl. « Même si l’enfant n’a pas reçu les rappels, il devrait y avoir une trace de vaccination. Par exemple, avec des anticorps inefficaces » ajoute-t-il encore. Pour lui, il ne semble guère faire de doutes qu’un certificat de « complaisance » a été établi pour faire croire à cette vaccination.

Les médecins anti vaccins recherchés sur la toile

Comme nous y invite sur Twitter Jean-Jacques Fraslin (qui a mis en place un observatoire des systèmes d’informations de santé Google +), il suffit de se promener rapidement sur la toile pour constater que s’y échangent (en message privé) les adresses de médecins acceptant de falsifier un carnet de santé. « Recherche pédiatre anti vaccin », demande par exemple une mère aiguillée par d’autres dans sa recherche du praticien qui lui permettra à la fois de concilier son hostilité sans faille contre la vaccination et son désir de bénéficier des avantages de la République : et notamment la scolarisation. Connues, ces pratiques sont difficiles à épingler, notamment parce que les patients se monteront (une fois n’est pas coutume !) d’ardents défenseurs de leur médecin si ce dernier était touché par un rappel à l’Ordre.

Dans l’affaire de ce petit garçon (où la vaccination « en urgence » de sa fratrie évoquée par la Nouvelle République semble confirmer l’absence de protection), les enquêtes judiciaires et administratives ouvertes pourraient permettre de révéler les éléments qui ont contribué à son infection et éventuellement d’identifier les responsables (au-delà des parents). Puisse ce triste exemple d’un enfant menacé de mort, ou de lourdes séquelles, inspirer aux anti-vaccins les plus dogmatiques une prise de conscience salutaire.

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (29)

  • Plainte contre les parents et le médecin

    Le 21 juillet 2015

    Il faut rechercher sans relâche les médecins acceptant de faire des faux certificats de vaccination et les condamner à un an de suspension et, en cas de récidive, radié à vie. Quelques cas de suspension auxquels on donnera la publicité qui convient permettra sans doute de clamer l'ardeur de ces charlatans et de ces parents criminels
    Docteur Guy Roche

  • Des médecins faussaires

    Le 21 juillet 2015

    Médecin -depuis 9 ans- d'un centre de vaccinations (Centre Hospitalier Eure-Seine), je vaccine notamment en consultations PASS (Permanence d'accès aux soins de Santé).
    Fin 2014, je vois un homme de 35 ans, en grande précarité que l'infirmière de la PASS m'amène pour "mettre à jour ses vaccinations". Il me dit "n'avoir jamais eu de vaccin". Je m'étonne qu'il ait été accepté à l'école sans avoir eu les vaccins obligatoires. "Ma mère était contre les vaccins et m'emmenait chez un médecin [à Toulouse?] qui inscrivait dans mon carnet de Santé des vaccins sans les avoir pratiqués". Scandaleux ; beaucoup plus grave que de refuser de faire tel ou tel vaccin.
    Le drame de ce pauvre enfant atteint d'un tétanos fera peut-être réfléchir ces parents réfractaires et, mais n'est-ce pas utopique(?), ces médecins faussaires indignes de la confiance de leurs patients et indignes d'exercer.
    A. Théry

  • Un meurtrier en puissance

    Le 21 juillet 2015

    Et pour ce certificat de complaisance, personnellement, j'irai jusqu’à la radiation pure et simple. C'est indigne d'un médecin et il insulte la profession, sans parler du fait qu’il s’agit d’un meurtrier en puissance, si ce petit garçon venait à mourir.
    Allo les media ? Faites du bruit, c’est justifié !

    Dr Cadot Patrick

Voir toutes les réactions (29)

Réagir à cet article