Un premier cas de variole du singe en France

Paris, le vendredi 20 mai 2022 – Les hommes homosexuels seraient les plus touchés par ce virus d’origine africaine.

Ce n’était qu’une suspicion ce jeudi, mais l’information est désormais confirmée ce vendredi matin : un premier cas de variole du singe a été détecté en France annonce la Direction générale de la Santé (DGS). Le patient est un homme de 29 ans vivant en région parisienne et n’ayant jamais voyagé en Afrique subsaharienne, région habituelle de circulation du virus. Il a été pris en charge médicalement mais la maladie évoluant favorablement, il a finalement été placé à l’isolement à son domicile.

Une « situation sanitaire inédite et évolutive »

La détection de ce premier cas en France fait suite à la découverte de plusieurs dizaines de cas de la variole du singe ces dernières semaines dans divers pays d’Europe (Royaume-Uni, Espagne, Portugal…) mais aussi aux Etats-Unis et au Canada. Le virus « monkeypox » circule activement en Afrique mais est d’ordinaire pas en Europe. Mis à part le premier patient détecté au Royaume-Uni le 7 mai, qui avait voyagé au Nigéria, aucun des autres cas confirmés n'avait séjourné en Afrique, ce qui confirme qu’il s’agit de contaminations locales (probablement interhumaines). Tous les cas confirmés ont été contaminés par le variant d’Afrique de l’Ouest MKP 1, considéré comme moins pathogène que le variant d’Afrique centrale.

Face à cette « situation sanitaire inédite et évolutive » selon les termes de la DGS, les instances françaises et internationales oscillent entre prudence et optimisme. La DGS et Santé Publique France appellent ainsi les médecins à être particulièrement vigilant à tous cas suspect, en rappelant les différents symptômes de cette maladie méconnue par les praticiens français : fièvre, céphalées, douleurs musculaires mais surtout éruption cutanée similaire à celle de la variole, d’où son nom. Il est également rappelé que la variole du singe est une maladie à déclaration obligatoire en France. Les experts estiment cependant que la transmission interhumaine est rare et que le risque de pandémie est faible. Autre élément rassurant rapporté par la DGS, « à ce stade, tous les cas rapportés sont majoritairement bénins et il n’y a pas de décès signalé ».

Déjà une campagne de vaccination en Espagne

Un des éléments qui intrigue le plus les observateurs lors de ce début d’épidémie est le nombre important d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) parmi les contaminés. En Espagne, 22 des 23 cas signalés à Madrid sont des hommes homosexuels présentant des lésions sur les organes génitaux. Une transmission de la variole du singe par voie sexuelle n’avait pourtant jamais été observée. « En Afrique, rien n’a été étudié à ce propos » rappelle Antoine Gessain, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, avant de préciser que « c’est globalement une maladie peu étudiée ». L’OMS a appelé les jeunes homosexuels masculins à se montrer vigilants et à signaler toute éruption cutanée suspecte, tout en précisant que les hétérosexuels étaient également susceptibles de contracter la maladie.

Il n’existe aucun traitement ni vaccin contre cette maladie. Cependant, le vaccin contre la variole humaine est considéré comme efficace contre cette version « simiesque ». L’Espagne, où plusieurs dizaines de cas ont été signalés, a donc décidé de commander des milliers de doses de vaccin contre la variole humaine et de procéder à une vaccination dite « en anneau » en ne vaccinant que les cas contacts des cas confirmés. La vaccination antivariolique a cessé dans la plupart des pays du monde à la fin des années 1970, à la suite de la disparition de la variole.

Pour en savoir plus : https://www.coreb.infectiologie.com/fr/monkeypox.html

Quentin Haroche

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