Un virus à la mer

Nantes, le vendredi 22 mai – Alors que les plages françaises accueillent de nouveau du public, une étude de l’Ifremer semble indiquer que le SARS-Cov-2 ne survit pas dans l’eau de mer.

En ce week-end de l’Ascension particulièrement ensoleillé, de nombreux Français se rendront à la plage pour oublier le stress du confinement. Depuis le 7 mai, c’est aux préfets de décider quelles plages peuvent à nouveau accueillir du public et dans quelles conditions. Certaines plages sont totalement ouvertes, d’autres interdisent la baignade, d’autres enfin ont créé le principe de « plage dynamique », où la détente sur la serviette n’est pas autorisée.

Ce retour à la mer pose inévitablement la question du risque de contamination par la baignade. Surtout après que des chercheurs d’Eau de Paris ait révélé récemment avoir découvert de l’ARN du SARS-CoV2 dans les eaux usées, qui sont justement rejetés dans la mer après traitement.

Pour en avoir le cœur net, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a décidé de procéder à des prélèvements sur les trois façades maritimes françaises (Nord, Atlantique et Méditerranée). Ont été choisis comme zones de prélèvement les sites les plus exposés à des rejets humains et aux eaux usées. Au total, 21 coquillages (19 huitres et 2 moules) et 4 échantillons d’un litre d’eau de mer ont été testés par PCR.

Pas de risque dans l’eau de mer, vigilance dans l’eau douce

Le résultat est sans appel : aucune trace de SARS-Cov2 n’a été retrouvé, ni dans l’eau de mer, ni dans les coquillages, dans lesquels il est pourtant fréquent de détecter des virus d’origine humaine. Des norovirus ont ainsi été identifiés dans six coquillages testés.

« L’absence de traces du SARS-Cov-2 révélée par notre étude est une bonne nouvelle » souligne Soizick Le Guyader, responsable du laboratoire nantais de l’Ifremer qui a mené l’étude. Le virologue se montre tout de même prudent, rappelant que son équipe n’a pas pu réaliser de prélèvements sur toutes les zones littorales sensibles en contact avec des rejets humains et que le nombre de coquillages analysé reste faible. Pour compléter ces premiers résultats, les chercheurs nantais vont réaliser de nouveaux prélèvements tous les 15 jours pendant plusieurs mois, notamment pour déterminer si le déconfinement peut conduire à la contamination de l’eau de mer.

Il ne semble donc pas que la baignade représente un risque accru de contamination au coronavirus, à condition toute fois d’y respecter la distanciation sociale. En Bretagne, plusieurs plages ont été fermées ces derniers jours par arrêté préfectoral après que les forces de l’ordre y ait signalé des rassemblements.

A l’inverse de l’eau de mer, l’eau douce pourrait présenter un risque. « Il vaut mieux éviter les lacs ou les étangs, car ce sont des eaux non traitées et leur surface est bien plus petite » explique Fabienne El-Khoury, épidémiologiste à l’Inserm.

QH

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