Une cour d’appel reconnait l’existence du syndrome éolien

Toulouse, le mercredi 10 novembre 2021- Si elles sont légitimes, les interventions judiciaires dans les controverses médicales contribuent souvent à obscurcir le débat. Il en a été ainsi des décisions de la justice sur les relations alléguées (sans preuves scientifiques jusqu’ici) entre vaccin contre l’hépatite B et sclérose en plaques qui ont pu conduire à des indemnisations de patients ou plus récemment de décisions critiquables concernant la nouvelle formule de la thyroxine. A l’inverse dans de nombreux cas ce sont des investigations judiciaires qui ont permis de faire le lien entre des pathologies et des produits pharmaceutiques ou phytosanitaires pourtant réputés jusqu’alors sans danger (affaire du Mediator ou de la chlordécone par exemple).

L’avenir nous dira dans quel cadre se situe un récent arrêt de la cour d’appel de Toulouse. Saisie par un couple de riverains d’un parc d’éoliennes (qui avait été débouté de leur demande en première instance) la cour s’est prononcé en faveur de l’existence d’un lien entre les troubles dont se plaignaient les requérants et la proximité d’éoliennes et leur accordé des dommages et intérêts de 100 000 euros. Ce « syndrome éolien », qui associerait des symptômes aussi peu discriminants que des céphalées, des sensations vertigineuses et des impressions d’oppression serait en rapport avec la rotation d’éoliennes pourtant situées à plus de 700 mètres du domicile des plaignants (et donc à distance réglementaire).

Il est probable que cet arrêt inattendu entrainera une multiplication des procédures contre l’implantation d’éoliennes et qu’il alimentera le débat sur cette source d’énergie, qui divise les français, jusqu’aux candidats à la candidature LR à l’élection présidentielle comme on a pu le constater lundi dernier sur LCI.

Dr Nicolas Chabert

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Vos réactions (3)

  • Indemnisation éolienne

    Le 11 novembre 2021

    Cet article de la cour d'appel de Toulouse a été relaté dans la presse spécialisée belge il y a quelques jours. Son arrêt a été basé sur le fait que les symptômes étaient la conséquence des modifications de l'environnement. Si la propriété se situe bien à 700 m. de l'éolienne, elle en était séparée par une forêt qui a été mise à blanc. Depuis 3 ans cette propriété était invendable. Quand les acquéreurs potentiels se présentaient, ils s'enfuyaient illico. C'est pour cette raison que la cour d'appel leur a octroyé une indemnisation de 110.000 EUR.
    Merci encore pour la qualité de vos articles

    Jean Simon (Kinésithérapeute)
    Châtelet. Belgique.

  • Principe de précaution

    Le 12 novembre 2021

    Appliquons le principe de précaution et interdisons tout nouveau parc éolien (sauf en ville).

    N'oublions pas que ces technologies "vertes" massacrent allègrement plus de 200 000 chauves souris, toutes protégées, par an et ne fonctionnent de manière optimale que 20% du temps.

    Il est grand temps de faire cesser ces arnaques dévastatrices en prime des paysages!

    Dr FX Le Foulon

  • Principe de précaution...suite

    Le 14 novembre 2021

    Je suis totalement d'accord avec FX Le Foulon.
    J'ajouterais simplement "a fortiori au milieu de nos magnifiques paysages, certains désormais abîmés voire déjà dévastés !"

    Dr Alain Cros

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