Une troisième vague en Iran ?

Téhéran, le mercredi 7 octobre 2020 – Après une accalmie en septembre, l’Iran connait à nouveau une hausse du nombre de cas et de morts liés au coronavirus. En Espagne, les restrictions se renforcent pour lutter contre la progression du virus.

Qu’il semble loin le temps où une grande partie du monde pensait être bientôt débarrassé du coronavirus. A la fin du printemps, le nombre de cas et de morts diminuaient drastiquement dans de nombreuses régions du monde et des millions de personnes pensaient bientôt pouvoir reprendre une vie normale. Mais l’on sait désormais que tel la marée, l’épidémie connait des flux et reflux et que pour sans doute de nombreux mois encore, les hommes vont devoir vivre entre période d’accalmie et pic épidémique.

Retour des morts et des restrictions en Iran

A ce titre, l’Iran, l’un des premiers pays touchés par la pandémie de Covid-19, est un exemple particulièrement parlant. Le pays semble avoir un mois d’avance sur l’Europe sur le front de l’épidémie et nous donne une idée de ce que l’on peut attendre chez nous. Là-bas, ce n’est pas une deuxième mais une troisième vague qui frappe. La République islamique a connu un premier pic en mars puis un second en juillet et vit désormais, après une courte période d’accalmie, une troisième montée des cas et des morts. L’Iran a ainsi battu ce mardi son record de contaminations détectés (4 100 en 24 heures) et déplore environ 200 morts quotidiennement.

Selon un refrain qui commence à être bien connu des Iraniens, les autorités ont donc renforcé les mesures de distanciation sociale visant à freiner l’épidémie, après les avoir allégées en septembre. Le port du masque dans la rue sera obligatoire à partir de ce samedi et la plupart des lieux publics (mosquées, écoles, cinémas…) vont fermer leurs portes pendant une semaine. Au total, plus de 27 400 Iraniens ont été emportés par l’épidémie, un bilan mensonger selon l’opposition qui estime que plus de 100 000 personnes sont déjà décédés de cette infection. Seule bonne nouvelle en Iran : la fermeture des bars n’y est pas un problème !

Confinement partiel à Madrid

En Espagne, le rebond épidémique des dernières semaines ne faiblit pas. Le pays compte environ 10 000 nouveaux cas de PCR positive et 120 morts par jour en moyenne. Si la Catalogne a été un temps le principal foyer infectieux du royaume, c’est désormais Madrid qui est rattrapé par le virus. Les mesures de confinement partielles, jusque là limités aux quartiers populaires, ont été étendus à l’ensemble de la ville ce week-end. Les Madrilènes ne peuvent en principe quitter la ville (mais les contrôles sont rares) et sont invités à restreindre leurs sorties au strict minimum. Les lieux publics, dont les bars et les restaurants, doivent limiter leur capacité d’accueil à 50 % tandis que les réunions de plus de 6 personnes, en public comme en privé, sont interdites.

Des mesures qui ont de plus en plus de mal à passer auprès de la population, fatiguée par une crise sanitaire qui dure depuis désormais presque sept mois. Les manifestations, de faible ampleur, se multiplient dans la capitale et la gestion de l’épidémie tourne à la crise politique. Dans un pays très décentralisé, le gouvernement, de gauche, a décidé de reprendre la main et d’imposer aux régions des critères sanitaires qui doivent guider leurs décisions. Mais à Madrid, les autorités locales, de droite, ne l’entendent pas de cette oreille et contestent en justice les nouvelles restrictions. Au total, plus de 32 400 Espagnols ont perdu la vie, soit le pire bilan par habitant d’Europe.

Quentin Haroche

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