Va-t-on enfin vivre avec le virus ?

Paris, le vendredi 14 janvier 2022 – Alors que le pic de la vague Omicron serait bientôt atteint en France, de plus en plus de pays européens envisagent de changer radicalement leur manière d’appréhender l’épidémie.

Vivre avec le virus. Depuis deux ans que la Covid-19 est entrée dans nos vies, la possibilité de s’accommoder de la présence du virus et de vivre avec le moins de restrictions possibles est régulièrement envisagée. A chaque décrue de l’épidémie, l’espoir du retour à la vie normale renait avant d’être brisé à chaque nouvelle vague ou variant. Mais Omicron pourrait changer la donne. Avec sa forte contagiosité et sa dangerosité limitée désormais confirmée, ce variant pourrait nous aider à atteindre une immunité collective et changer définitivement notre façon de gérer cette pandémie.

Le pic de la vague Omicron est proche

Pour le moment, une chose semble presque certaine : le pic de la vague Omicron est proche. Au Royaume-Uni, premier pays européen à avoir été touché par le nouveau mutant à la mi-décembre, le pic est déjà atteint. Les contaminations quotidiennes sont en baisse continue depuis 8 jours et la chute est assez rapide, avec une diminution de plus de 20 % des nouvelles infections en 8 jours.

Autre bonne nouvelle, la vague Omicron n’a pas provoqué de saturation des hôpitaux britannique : les hospitalisations sont deux fois moins importantes que lors de la vague de janvier 2020 et les décès cinq fois moins nombreux, malgré un nombre de contaminations quatre fois plus élevé. L’exemple sud-africain, où les nouvelles contaminations ont été divisés par quatre en un mois, laisse penser que le variant Omicron pourrait disparaitre presque aussi rapidement qu’il est apparu.

En Europe continentale, le pic des contaminations devrait être atteint mi-janvier soit dans les tous prochains jours selon l’épidémiologiste Antoine Flahault. « La vague va refluer à partir du moment où une très grande partie de la population aura été contaminée par le virus » affirme le directeur de l’Institut de santé globale de Genève. En France, plusieurs signes montrent que le pic d’Omicron est très proche : le taux de positivité des tests stagne depuis une semaine autour des 18 %, l’augmentation quotidienne du nombre de cas n’est plus que de 9 % (elle était de 150 % à la mi-décembre) et l’épidémie semble en léger recul à Paris. Ce mercredi, le ministre de la Santé Olivier Véran indiquait au micro de France Info que le gouvernement tablait sur une diminution prochaine et rapide des cas « dans les prochains jours ».

Vers un allègement des restrictions mi-février ?

Dans ce contexte, certains pays commencent déjà à penser à l’après et à une gestion de l’épidémie toute différente, où la Covid-19 ne serait plus perçue comme une urgence sanitaire mais comme une situation endémique se rapprochant de la grippe. Au Royaume-Uni, la durée d’isolement des personnes contaminées a été réduite de 7 à 5 jours. Idem en Israël, où les tests PCR sont désormais réservés aux sujets âgés de plus de 60 ans et où les frontières restent ouvertes malgré l’explosion des contaminations (jusqu’à 50 000 par jour). Enfin en Espagne, le chef du gouvernement Pedro Sanchez a déclaré ce lundi qu’il était temps de considérer « le coronavirus comme une maladie endémique et non plus comme une pandémie ».

Qu’en-est-il en France ? Officiellement, la prudence reste de mise et les Français devront continuer à vivre avec le passe vaccinal, les jauges et les masques. Mais en coulisses, le gouvernement prépare l’après Omicron. « Vivre sous cloche ad vitam aeternam n’est pas une option de long terme » glisse un ministre aux journalistes du Parisien. L’allègement des restrictions sanitaires serait prévu pour la mi-février, avec la fin des jauges et du masque en extérieur (déjà décidé à Paris par le tribunal administratif) et l’arrêt du dépistage massif. Le timing serait parfait pour l’exécutif juste avant l’élection présidentielle.

Nicolas Barbet

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