Vaccin AstraZeneca : la Moselle n’en veut plus

Metz, le mardi 13 avril 2021  - La Moselle est le seul département métropolitain où le variant sud-africain se diffuse largement. Aussi, vendredi, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé pour la Moselle « de continuer à privilégier l’accès aux vaccins pour lesquels on dispose de données en faveur du maintien d’un niveau élevé d’efficacité contre ce variant [Pfizer, Moderna et Jonhson & Johnson NDLR ] ».  
La Moselle avait déjà bénéficié d’un approvisionnement prioritaire de vaccins à ARN messager mais 44 500 Mosellans ont tout de même reçu une première dose d’AstraZeneca. 

En réponse à la préconisation de la HAS, l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est et la préfecture de la Moselle ont publié un communiqué commun dans lequel elles disent poursuivre « la campagne de vaccination telle qu'elle avait été spécifiquement engagée depuis février » certes en privilégiant les vaccins à ARN messager, mais en continuant à utiliser celui d'AstraZeneca dans une moindre mesure (tandis que les recommandations nationales prévoient l’administration d’une deuxième dose d’un vaccin à ARNm pour compléter le schéma vaccinal des moins de 55 ans ayant reçu une première injection d’AstraZeneca).

Mais le terrain ne l’entend pas de cette façon.

« Douche froide »

Le docteur Laurent Dap, président du conseil départemental de l’Ordre des médecins explique en effet à l’Agence France Presse (AFP) : « à la lecture de la recommandation de la HAS, nous avons conseillé aux médecins libéraux de suspendre la vaccination ». Au CHR de Metz-Thionville, la même consigne a été passée.

Ce communiqué « qui dit-on fait comme avant, on ne change rien » est une « douche froide » s’agace le Dr Dap, qui a « écrit au ministre appuyé par le Conseil national de l'Ordre des médecins » pour lui dire que la Moselle « ne doit avoir que des vaccins à ARN messager ».

En outre, ces injonctions contradictoires ont provoqué l’incompréhension de la population et entrave la bonne marche de la campagne dans ce département : « les gens n’arrêtent pas d’appeler leur médecin (…) on est assaillis » poursuit le praticien mosellan.

Xavier Bataille

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