Vaccins obligatoires : quelles contre-indications ?

Paris, le jeudi 18 octobre 2018 – Les premiers chiffres disponibles semblent confirmer que l’extension des obligations vaccinales a permis une nette augmentation de la couverture vaccinale et ainsi de la protection individuelle et de groupe. Cette dernière offre un bouclier sanitaire autour de ceux que l’on ne peut pas vacciner parce que le vaccin leur est contre-indiqué. Mais qui sont-ils ? Qu’est-ce qui contre-indique les  vaccins ?

Alors que certains parents, heureusement rares, sollicitent leur médecin pour établir un certificat de contre-indication à l’approche d’une inscription en crèche ou à l’école - quand ils ne falsifient pas eux-mêmes le carnet de santé - il n’est pas inutile de se poser la question. Le nouvel espace professionnel de vaccination-info-service y répond précisément*.

Contre-indication "à la vaccination"

Les immunodéprimés ne peuvent recevoir de vaccins vivants à cause du risque de développement de la maladie dont on cherche à les protéger ; c’est le cas du vaccin ROR  (le deuxième cas mortel de rougeole depuis la reprise de l’épidémie l’an dernier était immunodéprimé), vaccin également contre-indiqué en cas de tuberculose active non traitée, maladies graves du sang ou de l’immunité etc.

Pour les autres vaccins, les contre-indications sont exceptionnelles : ce sont les hypersensibilités aux constituants ou aux résidus à l’état de traces (néomycine, formaldéhyde etc.), ainsi que certains troubles neurologiques. L’allergie à un vaccin doit être documentée et la contre-indication ne concernera que celui-ci : la contre-indication à la vaccination n’existe pas.

Asthme, eczéma, prématurité, affections chroniques

Si une grosse fièvre ou une infection aiguë amène à repousser l’injection, les épisodes infectieux mineurs, les dermatoses (eczéma compris, même si dans la famille il y a des allergiques, même à certains vaccins), l’asthme, la plupart des affections chroniques et même la prématurité ne contre-indiquent pas la vaccination, bien au contraire souvent !

Santé publique France rappelle que les médecins doivent se rapporter au calendrier des vaccinations publié chaque année. Tout faux certificat de vaccination expose le médecin responsable (irresponsable ?) à des sanctions pénales pour rédaction de faux document et pour violence ou homicide involontaire s’il entraine des préjudices au patient. Car bien sûr, le faux expose surtout l’enfant (voire la communauté) à la maladie ou aux maladies concernées !

En cas de doute, les crèches ont des médecins responsables désignés. Mais avec 11 vaccins à vérifier pour les directeurs d’établissement, et vues les difficultés de la médecine scolaire, qui va vérifier les vaccinations à l’école ?

* http://professionnels.vaccination-info-service.fr/Aspects-pratiques

Dr Blandine Esquerre

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