Variole du singe : la bataille de la vaccination

Paris, le mardi 19 juillet 2022 – La France a recensé au 12 juillet 912 cas confirmés de variole du singe, dont 569 en Ile de France, tandis qu’un bilan réactualisé est attendu demain.

On relève que dans 97 % des cas pour lesquels une orientation sexuelle est connue, il s’agit d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, tandis que 75 % déclarent avoir eu au moins deux partenaires sexuels dans les trois semaines avant l’apparition des premiers symptômes.

Santé Publique France indique également que 211 patients sont séropositifs au VIH, tandis que chez les patients non infectés par le VIH 402 sont sous Prophylaxie pré-exposition (Prep). Ces données épidémiologiques semblent conforter les recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS) quant au public pour lequel la vaccination est désormais recommandée.

Un stock européen déjà insuffisant ?

La France est le troisième pays d’Europe le plus touché, derrière l’Espagne (2 477 cas) et l’Allemagne (1 790), tandis que l’Union européenne qui a comptabilisé au total 7 128 infections par le Monkeypox a vu leur nombre augmenter de près de 50 % en une semaine.

Face à cette situation épidémique et alors qu’un grand nombre de cas ne sont pas identifiés, l’Union européenne a décidé de renforcer ses stocks de vaccin disponibles. Ainsi, 54 530 doses supplémentaires ont été achetées au laboratoire danois Bavarian Nordic, ce qui porte à 163 620 le nombre de doses acquises par l’Union européenne.

Ce stock pourrait s’avérer rapidement insuffisant, alors que les uns après les autres les pays membres choisissent d’élargir le public éligible à la vaccination afin de proposer une protection à la communauté homosexuelle.

Or, rien qu’en France, selon l’avis de la Haute autorité de Santé : « La population d’HSH multipartenaires au cours des 6 derniers mois est (…) estimée à environ 250 000 personnes et la population d’HSH ayant recours à la PrEP est estimée à environ 73 000 personnes sur une période de 12 mois. Les utilisateurs de la PrEP étaient principalement des HSH, âgés en moyenne de 37 ans résidant principalement en Ile-de France. De façon complémentaire, dans une étude Epi-Phare13 réalisée à partir des données du Système National des données de santé en 2021, plus de 12 400 initiations de traitement ont été enregistrées sur une période de 12 mois (juin 2020-juin 2021), et environ 20 000 renouvellements au premier semestre 2021. Dans cette étude la grande majorité (85 %) des utilisateurs renouvellent leur traitement d’un semestre à l’autre, suggérant une exposition à risque répétée et une continuité du suivi médical préventif ».

Secret défense

En dépit de cet apparent décalage entre le nombre de doses disponibles en Europe et les besoins potentiels, l’Union Européenne se félicite : « Nous avons réagi promptement et assuré une réponse rapide par le biais de la nouvelle Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d'urgence sanitaire (HERA), et déjà livré environ 25 000 doses à six Etats membres », indique-t-elle.

Dans le détail, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie ont reçu 5 300 doses chacun, la Belgique un peu plus de 3 000, le Portugal 2 700 et l’Irlande 1 400. Qu’en est-il en ce qui concerne la France ? Les informations concernant le nombre de vaccins contre la variole du singe relèvent du secret défense (en raison de l’utilisation possible du virus de la variole lors d’une attaque terroriste), ce qui limite la précision des informations.

On sait cependant que 7 500 doses du stock national de vaccins ont déjà été déstockées et que cette semaine et la semaine prochaine 5 000 doses doivent arriver dans les différents centres de vaccination. Les responsables de ces derniers regrettent cependant une certaine lenteur, pendant que nous l’avions déjà évoqué la communauté homosexuelle déplore que les créneaux de vaccination soient trop restreints.

La France n’est pas la seule à faire face à des difficultés logistiques. A New-York, épicentre de l’épidémie de variole du singe américaine, les files d’attente s’allongent devant les centres de vaccination et les critiques fusent. « C’est frustrant, surtout parce qu’avec le Covid, on aurait pu penser qu’il y aurait un processus plus structuré de déploiement des vaccins, mais il n’y avait pas vraiment de processus », constate, cité par le Parisien Aidan Baglivo.

Les autorités municipales paraissent elles aussi en partie dépassées : « Nous avons besoin de dizaines de milliers de doses », a ainsi expliqué le commissaire à la Santé de la ville, Ashwin Vasan, alors que 21 500 doses de vaccins ont déjà été administrées.

Mais les demandes sont bien plus nombreuses : la semaine dernière, les 9 200 nouveaux créneaux de vaccination ouverts ont été réservés en sept minutes…

Léa Crébat

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