Vers un clap de fin pour le Pr Raoult ?

Marseille, le vendredi 26 novembre 2021- Dans le calme et le consensus. Mardi 23 novembre, les membres du conseil d’administration de l’IHU Méditerranée infection à Marseille ont validé à l’unanimité le lancement d’une procédure de remplacement du professeur Raoult par le biais d’un appel d’offres international. Celui-ci devrait aboutir à des auditions de candidats au début de juin 2022 pour une prise de poste entre le 30 septembre et le 31 décembre de l’année prochaine.

A l’étonnement de nombreux observateurs, c’est donc dans un climat apaisé que l’IHU s’apprête à tourner la page de la direction de Didier Raoult, dans la tourmente médiatique et scientifique depuis plus de 18 mois.

Un appel d’offre confié… à l’ex-patron de Renault

Dans un communiqué lapidaire, l’IHU a indiqué que l’ensemble de l’appel d’offre sera placé sous l’autorité de Louis Schweitzer, ancien président de Renault, qui a un temps présidé le comité d’éthique commun de l’Institut de recherche pour le développement, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

Une présence qui satisfait le directeur général de l’AP-HM, François Crémieux, ainsi que le président d’Aix-Marseille Université, Eric Berton.

« Nous avons retrouvé une certaine normalité. Il faut souligner, au-delà de la question de la succession du directeur, que le rapport d’activités et le bilan financier de l’institut n’ont soulevé aucun commentaire et ont été validés à l’unanimité des présents », se félicite dans le Monde Dominique Maraninchi, ancien responsable de l’Agence nationale de sécurité du médicament et membre du conseil d’administration de l’IHU.

Des analyses falsifiées ?

Si l’horizon s’éclaircit du côté de l’IHU, il pourrait bien s’assombrir pour le Pr Raoult qui se trouve être à nouveau la cible des accusations du site Mediapart. Quatre jours avant le Conseil d’administration du 23 novembre le praticien marseillais s’est vu reproché d’avoir falsifié des résultats biologiques afin de conclure à l’effet bénéfique de l’hydroxychloroquine.

Selon des témoignages, l’IHU aurait analysé de manière différente des tests PCR pratiqués à Marseille, sur des patients traités à l’hydroxycloroquine, et des tests pratiqués à Nice, sur des personnes non traitées avec cette molécule. Une analyse sur des critères différents (trente-quatre cycles pour les patients marseillais, trente-neuf pour les Niçois) « pour permettre de conclure faussement à l’efficacité de la molécule ».

Mettre fin au « culte de la personnalité »

En outre, une enquête diligentée au sein du laboratoire Unité des virus émergents (UVE), abrité par l’IHU, aboutit à des révélations surprenantes sur le climat de travail au-sein de l’IHU.

Dans un pré rapport adressé à la commission, plusieurs employés du laboratoire dénoncent le « climat de culte de la personnalité » et « l’absence de débats contradictoires » qui règnent à l’intérieur de l’IHU.

Le directeur de l’AP-HM a annoncé l’ouverture d’une enquête interne pour vérifier la véracité de ces allégations.

Mission de contrôle par l’Etat

En marge, le ministre de la santé, Olivier Véran, et la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, ont adressé, le 4 novembre, à l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) et à l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), une lettre diligentant une « mission de contrôle » sur l’institut Méditerranée Infection.

Les ministres soulignent des « difficultés préoccupantes de plusieurs ordres (…) qui retentissent directement sur le fonctionnement et la réalisation des missions de l’IHU ».

Une ambiance de fin de règne.

C.H.

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