Violences faites aux femmes : deux questions à poser à vos patientes

Paris, le vendredi 25 novembre 2022 – Alors que se tient la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, et que le Président de la République organise un déplacement à Dijon sur ce thème, la Haute Autorité de santé propose un nouvel « outil » pour encourager les médecins généralistes à questionner systématiquement toutes leurs patientes sur l’existence de violences conjugales, actuelles ou passées.

En effet, si la HAS, depuis 2019, recommande aux professionnels de santé de premier recours à questionner leurs patientes lors de la consultation (même en l’absence de signes d’alerte) sur d’éventuelles violences conjugales actuelles ou passées, cette recommandation est peu appliquée.

Selon une enquête menée par l’institut BVA pour la HAS : seules 3 % des femmes ayant consulté un médecin généraliste au cours des 18 derniers mois se rappellent avoir été interrogées sur ce sujet !

Pour faciliter « l’appropriation de cette recommandation par les professionnels » la HAS publie un outil d’aide au repérage des violences conjugales qui sera adressé à l’ensemble des médecins avec l’appui de l’Assurance Maladie.

En pratique cet « outil » consiste à demander systématiquement aux patientes lors de l’anamnèse : « comment ça se passe avec votre partenaire ? pensez-vous avoir subi des violences (physiques, verbales, psychiques, sexuelles) au cours de votre vie ? »

En cas de violences révélées aux médecins, la HAS invite à « écouter votre patiente de manière bienveillante, lui rappeler qu’elle n’est pas seule, que les faits de violences sont punis par la loi et qu’elle peut porter plainte » à « compléter le dossier médical avec vos observations » et « proposer si besoin un 2e rendez-vous pour en reparler » et à « proposer un accompagnement à votre patiente, sans la presser à prendre une décision immédiate ».

Ce questionnaire rapide a déjà été testé auprès de 1153 médecins volontaires. Cette expérimentation a pris la forme d’une étude randomisée. Elle a permis de constater une augmentation du nombre de femmes interrogées spécifiquement sur les violences conjugales de 76 % dans le groupe de médecins ayant reçu « les outils développés » (ce qui représente très peu de femmes en valeur absolue !).
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Pour en savoir plus : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-11/outil_daide_au_reperage_des_violences_conjugales.pdf

Pour vous former au repérage et à la prise en charge des violences faites aux femmes, formez-vous sur JIMdpc : https://www.jimdpc.fr/formations/doc/reperage-et-prise-en-charge-des-violences-conjugales-faites-aux-femmes_347/dpc_formation.dhtml

F.H.

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