Violences gynécologiques : « La parole des plaignantes doit être entendue, elle ne constitue ni une vérité absolue, ni une preuve »

Paris, le mercredi 13 octobre 2021 – Lundi, une troisième plainte était déposée contre le Pr Emile Daraï de l’hôpital Tenon pour « viol sur personne vulnérable ayant autorité » après une plainte pour « viol en réunion » et une autre pour « viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans ».

Les plaignantes dénoncent des touchers vaginaux et rectaux « réalisés sans consentement », un manque « d’empathie » et la « brutalité » de la prise en charge du praticien.

Dans ce contexte, le médecin, spécialiste réputé de l’endométriose a été mis en retrait de ses fonctions de chef de service et de professeur de médecine à la Sorbonne Université et deux enquêtes ont été ouvertes, une en interne à l’AP-HP et une autre par le parquet de Paris.

L'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques indique à ce sujet avoir reçu « près de 150 témoignages ».

« Jeté en pâtures »

Dimanche, par la voie d’un communiqué de son avocat Me Jakubowicz, le Pr Daraï s’est défendu vigoureusement.

Dans ce texte, Me Jakubowicz rappelle en premier lieu les « compétences professionnelles et l’implication pour la cause des femmes, notamment au sein du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (…) reconnues depuis plus de 35 ans » du Pr Daraï. Il souligne que le médecin « a appris par la presse que des plaintes ont été déposées contre lui pour viol, touchers vaginaux et rectaux sans consentement, gestes brutaux et actes de maltraitances verbales et psychologiques (…) Alors que son nom est jeté en pâture sans la moindre réserve, il ignore tout des faits dont on l'accable, sous couvert de l'anonymat de celles qui les dénoncent » et déplore qu’au nom « du droit à l'information, il soit porté atteinte à la présomption d'innocence et à la dignité et à l'honorabilité d'un médecin ».

Enfin, l’avocat rappelle l’un des principes fondamentaux de notre droit : « Si la parole des plaignantes doit être entendue, elle ne constitue ni une vérité absolue, ni une preuve ». S’il est en effet indispensable que la justice puisse enquêter en toute sérénité dans cette affaire, loin de l’émotion et de l’agitation des réseaux sociaux, il convient également de rappeler que les compétences et l’implication n’ont malheureusement jamais été des gages absolus de l’absence potentielle de comportements déplacés, voire condamnables.

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Examens gynécologiques

    Le 13 octobre 2021

    Le professeur dont il est question est un spécialiste de l'endométriose, voici ce que l'on trouve sur internet :
    "La HAS et le CNGOF recommandent que la prise en charge de l'endométriose soit faite par des équipes pluridisciplinaires comprenant des radiologues spécialisés, des gynécologues médicaux, des chirurgiens gynécologiques, urologues et digestifs, des praticiens de la douleur et des psychologues".
    Il est vraisemblablement un spécialiste de l'une ou l'autre des spécialités citées ci-dessus, donc qu'il réalise un toucher rectal et un toucher vaginal sur des patientes atteintes d'une affection gynécologique n'a rien de surprenant ni de choquant ... il fait son travail dans le colloque singulier avec sa patiente !
    Les dentistes auront-ils le droit de mettre encore leurs doigts dans nos bouches ?

    Les recommandations de la HAS ne précisent pas que tout l'aréopage cité soit présent lors de la consultation ... et que diraient ces dames, les quatre fers en l'air devant un attroupement de blouses blanches ... comme du temps de feu le conseil de révision !
    Cela étant, il est vrai que certains médecins manquent parfois d'empathie et sont un peu rugueux dans le contact avec le patient, mais après tout ils ne sont que des hommes susceptibles d'être tout simplement cons, ou fatigués, malades ou comme tout un chacun d'avoir des problèmes personnels et ils assurent leurs consultations malgré tout, il me semble compliqué d'établir un diagnostic uniquement en regardant les patients dans le blanc des yeux ...

    Pour conclure le professeur cité est peut-être quelqu'un d'infect sur le plan des contacts humains mais cela n'en fait pas pour autant un pervers, violeur !
    Les hommes, à partir d'un certain âge, ont droit à des touchers rectaux réguliers pour inspecter leur prostate, ceci n'a rien de très réjouissant ni de très agréable ... mais quand le cancer de ladite prostate est diagnostiqué et traité et que le médecin vient de nous sauver la peau est-ce qu'on se plaint ? NON !

    PFD (infirmier psychiatrique alcoologue à la retraite, cancéreux et cardiaque et etc ... ces secrets médicaux me font rester dans l'ombre de mes initiales mais la rédaction peut me demander mon identité sans problème !)

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