Seulement 18 médecins sur les bancs de l’Assemblée

Paris, le lundi 20 juin 2022 – Parmi les 577 députés élus ce dimanche, on compte 18 médecins, dont 12 dans les rangs de la majorité présidentielle.

Les élections législatives de ce dimanche auront été historiques à plus d’un titre. Si pour la première fois depuis 1988, aucun parti n’a réussi à obtenir une majorité absolue des sièges, on notera également que seulement 18 médecins ont été élus ce dimanche, soit neuf de moins qu’en 2017. Jamais sous la Vème République cette profession d’habitude si fortement représentée sur les bancs de l’hémicycle n’avait obtenu aussi peu d’élus.

Le Dr Mesnier élu avec 24 voix d’avance !

Parmi les 18 praticiens élus ce dimanche, 12 affichent les couleurs de la coalition Ensemble, qui rassemble tous les partis soutenant le Président de la République. Le plus célèbre d’entre eux, Olivier Véran, a été confortablement réélu dans son fief de l’Isère, où il s’était déjà imposé en 2012 (comme socialiste) et en 2017. L’ancien ministre de la Santé et désormais ministre des relations avec le Parlement a remporté 55,5 % des suffrages ce dimanche face à sa concurrente de la Nupes.

La victoire du Dr Thomas Mesnier a été en revanche beaucoup plus accrochée. L’urgentiste, qui fut longtemps le référent santé de la LREM et qui affiche désormais les couleurs d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, a été réélu député de la Charente avec seulement 24 voix d’avance sur son adversaire de la Nupes, soit 0,06 % des suffrages exprimés ! Le succès a été plus large pour le Dr Stéphanie Rist, rhumatologue et rapporteuse de la dernière grande loi sur le système de santé (dite loi Rist). L’ancienne chef de service au CHR de Rouen a remporté 57,2 % des suffrages ce dimanche. Mesnier et Rist sont parmi les principaux candidats pour remplacer au ministère de la Santé Brigitte Bourguignon, battu ce dimanche et donc sur le départ (voir notre article du jour sur le sujet). A noter également, toujours dans les rangs de la majorité, l’entrée au Palais Bourbon de Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) et élu sous les couleurs d’Horizons en Seine-et-Marne.

Pas de médecins à la Nupes

Le parti Les Républicains envoie lui trois médecins dans l’hémicycle. Alors qu’il semblait mal engagé dans une des rares triangulaires du pays, le Pr Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou et ancien candidat à la primaire présidentielle LR, a été élu député des Hauts-de-Seine avec seulement 38 % des voix et 326 voix d’avance sur sa concurrente LREM (soit seulement 0,7 % des suffrages exprimés).

Le fort contingent Rassemblement National (89 députés) ne comptera que deux médecins dans ses rangs. Le Dr Joelle Melin, référent santé du parti d’extrême-droite depuis 1995, fera pour la première fois son entrée au Palais Bourbon, après sa nette victoire dans les Bouches-du-Rhône (58,6 %).

Réélu député de Corse-du-Sud avec 57,6 % des voix, le nationaliste Paul-André Colombani, généraliste, complète le contingent médical. A noter enfin qu’aucun des trois médecins étiquetés Nupes (deux urgentistes et une généraliste) ne sont parvenus à s’imposer ce dimanche. Il n’y aura donc aucun praticien à la gauche de l’assemblée.

Quentin Haroche

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Vos réactions (5)

  • Oubli

    Le 20 juin 2022

    Vous avez oublié le Dr Jean François Rousset dans l’Aveyron !

    Dr André Fortis

  • Et les candidats malheureux ?

    Le 20 juin 2022

    Vous auriez pu citer les médecins recalés, au premier mais surtout au deuxième tour de scrutin; leur spécialité, leur couleur politique, leur ancienneté en politique, tout renseignement intéressant avant un nouveau scrutin , car dans moins d'un an c'est bien possible avec cette nouvelle assemblée "ingouvernable" !

    Au fait , c'est une idée de reconversion pour les hospitaliers et les libéraux qui veulent quitter le métier de soignant : je dévisse ma plaque, votez pour moi !
    Dr François Chassaing

  • Médecins à l'assemblee.

    Le 20 juin 2022

    Il n'est pas très préoccupant de ne pas avoir de médecins au parlement. Les médecins élus au parlement n'ont plus les préoccupations des ... médecins. Ils ne sont sensibles qu'aux éléments qui seront profitables à leur nouvelle carrière.
    Ce profil peut se retrouver également pour des profils d'élus "mineurs": conseil de l'ordre , syndicats...
    Ce dont ont besoin les médecins pour arrêter la décrépitude de ces 20 dernières années c'est un Syndicat Unique, fort (faut il contraindre les médecins à voter pour un syndicat ?).
    Un syndicat fort c'est un syndicat qui regroupe au moins 70 % des médecins.
    Tant que le ministère et le gouvernement, savent que nos syndicats actuels, véritables confettis, collectent moins de 10 % des voix des médecins, les médecins perdront.
    Le seul syndicat qui tient un discours correct est l'UFML.
    Depuis le début de mon activité j'ai souscrit à 3 syndicats différents, à chaque fois déçu soit par le président du syndicat qui n'attendait que d'avoir la rosette (cela en dit long sur les négos) soit par des déclenchements de grève avec des motifs délirants (grève des télétransmissions !) soit par un syndicat mou puisqu'il avait obtenu ce qu'il voulait (ouverture secteur II).
    Il faut que les médecins soient moins individualistes (mais est ce possible ?) et qu'ils fassent bloc non pas pour créer un 10ème syndicat mais pour se rassembler derrière un chef de file.
    Dr Yves Plantard

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