Vaccination des professionnels de santé : l’Académie de pharmacie souhaite de nouvelles obligations

Paris, le mercredi 5 juin 2019 - Alors qu’une partie de la population conteste les bienfaits de la vaccination, l’Académie de pharmacie constate que les professionnels de santé sont loin d’être exemplaires en la matière.

Un constat inquiétant

Elle juge ainsi « inquiétant », « le constat d’une insuffisance de la couverture vaccinale chez les professionnels de santé qui, pour certains, semblent oublier que la vaccination présente non seulement un bénéfice individuel, mais également un bénéfice pour les patients et pour leur entourage ».  Aussi, l’Académie s’interroge « comment ces professionnels peuvent-ils recommander à leurs patients de se faire vacciner si, eux-mêmes, ne l’ont pas fait ? ».

En effet bien que les données sur la couverture vaccinale des professionnels de santé en France sont « souvent anciennes, très hétérogènes et très parcellaires » les différentes enquêtes indiquent que la proportion de professionnels vaccinés est insuffisante au regard des objectifs de santé publique.

Ainsi, s’ils sont globalement bien couverts par les vaccinations obligatoires (DTP et hépatite B, plus de 90 %), ils font figure de mauvais élèves pour  les vaccinations recommandées : moins de 45 % par exemple ont réalisé leur rappel de vaccination contre la coqueluche et moins de 50 % en ce qui concerne la rougeole. Concernant la grippe, le taux, très variable selon les professions et le mode d’exercice se situerait aux alentours de 40 % chaque année.

Pour une obligation vaccinale de tous les professionnels contre la rougeole, la coqueluche et la grippe

Compte tenu de cette situation, l’Académie demande que soit mise en place une obligation vaccinale pour tous les professionnels de santé contre la rougeole et la coqueluche et contre la varicelle pour ceux qui sont en poste dans les établissements et services accueillant des sujets à risque de varicelle grave (immunodéprimés, services de gynécologie-obstétrique, néonatologie, pédiatrie, maladies infectieuses, néphrologie).

Concernant le cas particulier de la grippe, faisant fi des limites de l’efficacité systématique du vaccin, l’institution souhaite également la mise en place d’une obligation, et propose que les professionnels puissent être vaccinés chaque année gratuitement, sur leur lieu de travail. En outre elle plaide pour que les professionnels se soumettent à une procédure de vérification des immunisations.

L’Académie n’oublie pas, néanmoins, le volet incitatif et se dit favorable, dès les études, aux « stratégies motivationnelles insistant sur le caractère individuel mais aussi altruiste des vaccinations ».

Ces diverses conclusions pourraient recevoir un certain écho auprès d’Agnès Buzyn architecte de l’extension de l’obligation vaccinale des nourrissons à onze valences et qui, en janvier 2018, déclarait que la vaccination antigrippale des professionnels de santé était un impératif « déontologique ».

Frédéric Haroche

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Vos réactions (5)

  • Doute

    Le 06 juin 2019

    Je trouve cela dangereux que de vouloir à ce point violer l'intégrité mentale et physique des soignants déjà bien malmenés par leurs conditions de travail, qui plus est pour des vaccins douteux comme la grippe.

    Cette année comme ça s'est déjà vu l'année dernière d'ailleurs, tous les patients qui étaient hospitalisés chez nous avaient pourtant été vaccinés. Lien de cause à effet ? qu'en pense la CEDH ?

    Hélène d'Agostino (IDE)

  • A la recherche de la nuance

    Le 07 juin 2019

    Chut! Hélène d'Agostino,taisez-vous! Comprenez qu'il n'existe plus de nuance. Si vous n'êtes pas totalement favorable à l'ensemble des vaccinations, cela signifie (dans le monde dans lequel nous vivons) que vous êtes opposée à toutes les vaccinations. Inacceptable!

    Dr Jean-Jacques Perret

  • Liberticide

    Le 09 juin 2019

    Je trouve aberrant que l’on veuille obliger un vaccin comme celui de la grippe aux soignants.
    Ce dernier montre bien son inefficacité tous les ans au vu du nombre d’hospitalisations des personnes vaccinées.
    Je refuse et continuerai à refuser ce vaccin. Je ne vois pas en quoi cela devrait être un impératif déontologique ! Je connais plusieurs médecins qui sont contre ce vaccin qui n’a jusqu'à présent pas montré une efficacité certaine.

    Il est du rôle des établissements de santé de mettre les mesures nécessaires afin de limiter la propagation de ce virus, pas seulement par un vaccin, mais déjà en obligeant le port du masque en continu du personnel soignant et des visiteurs lors des périodes hivernales.

    Ne pas mettre deux personnes atteintes de la grippe ensemble sans y connaître la souche,...
    mais une fois de plus, les hautes instances (institutionnelles et politiques) ne le voient pas de cet œil là.
    Puis faut bien aussi remplir les poches aux laboratoires par la même occasion !

    Jean-Baptiste B (IDE)

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