Cet été, le gouvernement mise sur la régulation

Alors que de très nombreux services d’urgences tournent au ralenti cet été et sont contraints de refuser les patients la nuit et les week-ends, le gouvernement mise plus que jamais sur la régulation. A travers une nouvelle campagne de publicité, l’exécutif invite les Français à toujours appeler le 15 avant de se rendre aux urgences, système qui doit bientôt être remplacé par un véritable « service d’accès aux soins » (SAS). Un système de régulation qualifié « d’échec total » par le Dr Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF).

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Vos réactions (4)

  • La fin de l’ « opulence »

    Le 15 août 2023

    La fin de l'« opulence » était pourtant annoncée , sur un autre sujet et maladroitement à nouveau par notre Président.

    Le message (pédiatrique sur l’image avec casque et protections, prévention oblige) est vaguement infantilisant. Son intérêt est probablement bien moindre que celui légitime sur les « antibiotiques non automatiques ».

    Personne ne croit en ces plans B adaptatifs, faute de mieux, à aucun bout du téléphone ou de l’écran. Ni ceux que les fond, ni ceux qui les subissent.
    A fortiori en pédiatrie où l’ombre du doute et l’anxiété attenante est présente chez l’appelant- parent comme chez le soignant si peu formé à la pédiatrie.
    Et dans le doute c’est « on ne sait jamais, venez, c’est plus prudent », « le bilan des fois que », « la radio ou l’ECG idem » mais aussi la peur des gazettes, réseaux sociaux et enfin du juge. Même pas besoin de parler des malaises, plaies et brulures.

    Restera à désarchiver les tableaux, arbres décisionnels et scores de Pierre ou Paul pour le diagnostic clinique probabiliste téléphonique d’appendicite aigue.

    « Cet été » ? Il faut être très optimiste ou peu lucide pour imaginer que ces trucs, astuces et algorithmes sont transitoires et estivaux : mêmes causes, mêmes effets.

    Il fût une époque révolue où on ne prodiguait pas de conseil téléphonique, on ne renvoyait pas un patient des urgences sans qu’il ait été vu par un médecin (« L’accueil, les IMAO »).

    Les urgences étaient embolisées de non-urgences et d’urgentistes, il ne fallait pas scier la branche sur laquelle beaucoup étaient assis avec un paramètre : le nombre de passages et non pas de massages.
    L’accord parfait avec une patientèle qui considérait que c’était un dû … dans la vie d’avant.
    Interdit de parler de « Bobologie » dans le public comme dans le privé.

    Sans manichéisme, on peut imaginer un discours ultérieur « vous voyez ça marche, le nombre de passage a baissé » (et pour cause) … validant les réductions attenantes d’effectifs.

    Dans un bel effort de « résilience », il reste à vite changer de paradigmes. Se convaincre que Moins c’est Mieux, que la Demande doit maintenant s’adapter à la paucité et diversité de l’Offre. Dont acte.
    Les urgences sont maintenant fermées les jours pairs et/ou impairs et/ou …(enfin) « réservées aux cas les plus graves ». Restera pour les plus nantis à savoir et pouvoir taper à la bonne porte avant d’avoir fait le 15.

    La grève des assistants de régulation (« suractivité-épuisement-bord de goufre ») sur plus de la moitié du territoire n’est que la cerise sur le gâteau : moment « bien » choisi.
    La grève n’a « aucun impact sur la qualité de réponse pour les Français » précise leur association : Se souvenir du garde-fou de la réquisition, substitut à la négociation depuis des lustres , avant de se demander à quoi ils servent.

    Dr JP Bonnet - PH - 63ans

  • Les Urgences en Europe

    Le 15 août 2023

    à Chypre : extrait du texte officiel:

    https://www.cleiss.fr/docs/systemes-de-sante/chypre.html

    "À l'arrivée d'un patient, un système de tri s'applique pour déterminer si un incident constitue une urgence et permet de classer les patients en fonction de la gravité de leur état de santé. Le temps d'attente pour accéder aux soins diffère selon la classification de l'incident. Si un incident est considéré comme non urgent, le système de santé (HIO) ne remboursera que l'examen effectué lors du tri. Dans ce cas, le bénéficiaire sera informé que s'il souhaite recevoir des services de santé dans le cadre du HIO, il doit se rendre chez son médecin personnel. S'il insiste pour recevoir un traitement dans le cadre des urgences, il devra alors payer personnellement les frais liés au traitement"

    ...à méditer !!!

  • Pénurie... mais de quoi donc ?

    Le 20 août 2023

    Pénurie de respect
    Rien de tout cela ne s’améliorera si la mentalité de la population elle-même (et TRES ACCESSOIREMENT sa myriade de délégués et représentants) ne change pas, si elle ne revient pas au respect individuel des soignants et à leur rétribution à un niveau reflétant ce respect.

    Comme ce n’est pas prévisible à court terme et même impossible avant de nombreuses années, sans doute est-il grand temps d’organiser la formation et la dispersion sur l’Hexagone et les DomToms de « médecins aux pieds nus à la française ».

    « Les médecins aux pieds nus (赤脚医生 chijiao yisheng) sont des agriculteurs de la République populaire de Chine qui recevaient une formation médicale et paramédicale minimale (environ six mois) en plus des médecines traditionnelles afin d'exercer dans les villages.
    L'objectif était d'apporter les soins dans les zones rurales reculées où des médecins formés à la ville ne viendraient pas s'installer. Ces villageois avaient pour mission de diffuser des règles d'hygiène, de faire de la médecine préventive, du planning familial et de traiter les maladies les plus communes.
    Le programme avait été engagé par un discours fondateur de Mao Zedong en 1965 sur la critique du système médical de l'époque. Ils ont officiellement disparu à la fin des années 1970»

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