Dépistage du cancer du col de l’utérus : vers un scandale sanitaire ? (vidéo)

En retard sur de très nombreux pays, la France a lancé, en janvier, son dépistage systématique organisé du cancer du col de l’utérus. Celui-ci consistera en un frottis en première intention et un test HPV en cas de détection d’anomalie.

Mais ce schéma est loin de faire l’unanimité et beaucoup y voient une méthode dépassée alors que le test HPV serait supérieur au frottis, pour le dépistage primaire.

Pour entendre les arguments des partisans du test HPV, le JIM a rencontré le Dr Richard Fabre, biologiste médical et membre fondateur du collectif HPV Maintenant !

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Vos réactions (1)

  • J'ai eu honte des exposés français par rapport à ceux des autres pays

    Le 05 juin 2019

    Je suis anapath et cependant je suis 100% d'accord avec tout ce que dit le Dr Fabre. Mais je viens de réaliser (en discutant en EPU avec des collègues dont certains actifs au syndicat) qu'il est pratiquement honteux d'exprimer son opinion scientifique là-dessus. J'ai été de nombreuses années conseil scientifique pour la campagne pilote de l'Isère démarrée en 90, j'ai lu (du mieux possible et avec des corrélations cyto-histo dûment revérifiées en ressortant les lames) des dizaines de milliers de frottis, j'ai fait des statistiques sur mes loupés et sur mes ASCUS depuis 98. J'ai toujours travaillé en étroite relation avec de nombreux(ses) gynécos. Quand le test HPV a été installé chez nous, j'ai volontairement "élargi" mes ASCUS donc mes indications de test HPV "pour voir" (avec la mention distinctive perso "j'y crois" ou "j'y crois pas" selon que les anomalies me semblaient plus ou moins "dystrophiques banales") et j'ai pu constater que la catégorie "j'y crois pas" recueillait pas mal de positifs au génotypage HPV, rattrapés par les cheveux (dont un micro-invasif chez une fille de moins de vingt ans! et beaucoup de lésions mal visibles en cyto chez des femmes ménopausées). Je me suis vu reprocher de faire trop de tests HPV alors que c'était au service des patientes et dans le but de me forger une opinion. En 2016 au congrès Eurogyn de Salzbourg, j'ai été absolument "sur-convaincue" de la supériorité de l'HPV sur le frottis (je l'étais déjà) pour bien des raisons qui tiennent au caractère aléatoire du prélèvement cyto - et les anapaths qui n'aiment pas critiquer ouvertement leurs mauvais préleveurs car risque de perte d'un correspondant - , et du caractère aléatoire de la lecture selon la concentration du lecteur le mieux intentionné.

    J'ai eu honte des exposés français par rapport à ceux des autres pays. Etc etc. Les anapaths se "défendent" en racontant des faussetés sur la supériorité du frottis, au lieu de se remonter les manches pour 1/ installer le test HPV chez eux, or c'est très possible techniquement et financièrement et compense la perte subie par la cytologie; 2/ faire revaloriser les actes d'anapath, car c'est le gros problème: l'histologie est une expertise complexe et dispendieuse et chronophage, qui n'est pas rémunérée à sa juste valeur. le frottis est un peu la béquille qui permet à de nombreux labos d'anapath de tenir debout. C'est là que se situe le problème. Alignons la valeur de l'examen anapath à celui de tous les autres pays européens développés, alignons le salaire des anapaths qui triment dix heures par jour au microscope, à celui des biologistes médicaux dont la qualité de vie est bien différente, et je peux vous garantir que les anapaths ne s'accrocheront plus au combat d'arrière-garde qu'est la défense du frottis, avec des arguments pseudo-scientifiques qui déshonorent la profession. Notre honneur est dans l'histologie et la biologie moléculaire des tumeurs !

    Je peux parler facilement de tout ça, puisque je viens de prendre ma retraite d'installée et termine ma carrière comme remplaçante (mais là, je me grille !). J'ai été poussée vers ce choix anticipé, non pour cause de menace sur le frottis ni lassitude du métier, mais par le désaccord croissant que je rencontrais face à la mauvaise foi scientifique de nos représentants. Je vous assure qu'en tant qu'anapath privé, il est quasiment impossible de tenir ce langage.

    Or je crois que du fait d'un discours dominant, les anapaths chacun dans leur coin, soit n'y vont pas voir de plus près comme je l'ai fait, soit se taisent poliment par solidarité s'ils ont développé une opinion anti-frottis. Alors que la vraie solidarité, c'est demander à chacun de faire valoir sa haute compétence scientifique et sa formation continue pointue (qu'il/elle a, dans la plupart des cas, sauf pour l'HPV).

    Dr Véronique Rouault Plantaz (installée en labo privé d'anapath en Isère depuis 86)

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