Obésité infantile : pour en finir avec les idées fausses (Vidéo)

Interview du Pr Patrick Tounian, chef du service de nutrition et gastroentérologie pédiatrique, hôpital Trousseau, Paris

L’obésité infantile suscite des interrogations et des controverses médicales, concernant notamment le rôle de la génétique dans cette pathologie,  la pertinence des campagnes de prévention et l’efficacité de la prise en charge très précoce.

Sur ces différentes questions, le Pr Patrick Tounian de l’hôpital Trousseau (Paris) propose une réflexion qui détonne, qui s’appuie sur sa pratique quotidienne et ses recherches scientifiques et qu’il développe pour le JIM dans cette interview. 

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Vos réactions (1)

  • Prise en charge de l'obésité de l'enfant et de l'adolescent

    Le 18 mai 2019

    Merci au Pr Tounian pour cette mise au point et en particulier ces réflexions épidémiogénétiques tout à fait passionnantes.
    E
    n revanche, je ne partage pas cette vision restrictive de la prise en charge et la place des différents intervenants dans l'accompagnement de l'enfant ou l'adolescent obèse.

    Je suis spécialiste en endocrinologie et nutrition et même si mon orientation se fait de façon privilégiée chez l'adulte, je suis amené régulièrement amené à suivre des enfants et adolescents en surpoids dans ma consultation libérale. Ma particularité est de m'être formé en thérapie stratégique, hypnose ericksonienne, psychotraumatologie et thérapie EMDR ce qui m'amène à une vision plus comportementale de la prise en charge.

    Il y a maintenant de nombreuses années Hilde Bruch avait décrit chez les enfants obèses ce qu'elle a appelé la "confusion des affects" autrement la difficulté pour les enfants obèses d'être discrimant quand aux signaux du corps : "quoique je ressente, je mange". Il me parait ainsi fondamental dans la démarche de prise en charge de permettre aux enfants et adolescents de réapprendre les signaux du corps : Faim, Envie, Emotion... bien évidemment avec des nuances selon l'âge. Je ne suis pas certain qu'un enfant se ressert uniquement parce qu'il a faim, il peut se resservir parce que c'est bon, parce que c'est une habitude, parce qu'on le ressert (le petit "gros" qui a l'étiquette de celui qui mange beaucoup), qu'il a besoin de se remplir...

    Réapprendre à l'enfant ou l'ado à decrypter les signaux et en particulier la composante émotionnelle. Combien de relations familiales conflictuelles ? de pression familiale sur le poids ? combien de contexte psychotraumatique chez les enfants obèses (témoin de violence conjugale, problème d'alcoolisme chez les parents, enfants victimes de psychotraumatismes, de harcèlement...).

    C'est ainsi que je pense également que la place du psychologue dans cette prise en charge n'est pas d'aider les enfants à supporter l'insupportable mais de les accompagner en particulier dans cette problématique émotionnelle, d'envisager les interactions familiales, la qualité de l'attachement, les capacités de régulations émotionnelles.

    J'observe régulièrement dans ma pratique clinique chez les adultes obèses des contextes de dysrégulation émotionnelle avec tendances compulsives et quand on reprend l'histoire familiale l'existence de troubles de l'attachement, de contextes psychotraumatiques... Il a été décrit que la qualité de l'attachement avait un impact sur la régulation émotionnelle ce que l'on peut retrouver chez l'adulte.

    Ma dernière remarque porte sur le problème de la motivation. Je ne pense pas que ce soit l'équipe soignante qui puisse donner de la motivation. La motivation vient du désir de changer et il me parait plus pertinent d'apprendre à l'enfant à définir des objectifs concrets de changements autrement dit apprendre à l'enfant à se projeter dans un changement et pas seulement un nombre de kilos.

    Se défocaliser du poids pour apprendre à "Etre"... Que la perte de poids soit un moyen et pas un prérequis au changement. C'est un peu la démarche que je cherche à mettre en place avec mes jeunes patients pour éviter qu'ils entrent dans cette souffrance de la restriction cognitive dont on connait les effets favorables à l'aggravation du poids. On ne change que dans l'apaisement.
    Merci en tout cas pour la qualité de cette mise au point.

    Dr Dominique Boute - CELIOBE -Hopital Privé La Louvière Lille - Armentières.

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