Covid-19 chez les enfants, un autre cinétique de propagation

Les différences de risque infectieux et de présentations cliniques (formes symptomatiques ou non) pour la Covid 19 entre enfants et adultes sont bien établies. Selon les premières études à Wuhan, sur les 72 314 cas les plus précoces, seulement 965 patients (2,10 %) étaient âgés de moins de 20 ans. L’analyse des dossiers de 171 enfants a montré que les symptômes comprenaient fièvre, toux et pharyngite et que la durée de la maladie était plus brève. Plusieurs publications ont également montré que la prévalence des formes sévères et critiques était beaucoup plus faible que chez l’adulte.

La cinétique de l’infection chez l’enfant en période épidémique a été peu étudiée. Ce paramètre est cependant important pour évaluer la vitesse de propagation en milieu scolaire et ses différences éventuelles selon l’âge. Des auteurs chinois en Santé Publique ont revu les données de l’épidémie initiale et les modifications dynamiques dans la prévalence des cas pédiatriques. Les informations ont été extraites du système de surveillance national des maladies infectieuses et portaient sur les cas de 1 369 enfants comparés à 68 541 adultes malades dans la province de Hubei entre le 8/12/2019 et le 7/3/2020.

Un taux d’attaque plus de dix fois moindre

Le taux d’attaque des enfants (proportion de la population qui développe des signes cliniques durant la pandémie) était de 0,12 %. La fréquence des cas pédiatriques a été suivie pendant le processus d’émergence, de dissémination de la maladie, de stabilisation et de contrôle. La médiane d’âge était de 9 ans (écart interquartile 3-14 ans) ; 797 (58,2 %) étaient des garçons. La répartition était de 16,6 % chez les nourrissons, 20,1 % à l’âge de la maternelle, 29 % en primaire, 16,1 % au collège, 18,3 % au lycée. Les taux d’attaque correspondants étaient de 0,19, 0,10, 0,14, 0,12 et 0,08 % respectivement. Le taux d’attaque global était nettement inférieur à celui des adultes (0,12 % vs 1,50 %, P < 0,01). Par échelle de gravité, 209 (15,3 %) étaient asymptomatiques, 682 (50,1 %) étaient des cas bénins, 421 (30,9 %) de gravité modérée, 46 (3,4 %) sévères et 3 (0,2 %) critiques ; la distribution était comparable selon le sexe. La proportion de cas sévères et critiques était nettement inférieure à celle des adultes (3,6 vs 18,6 % P<0,01) ; les nourrissons avaient le pourcentage le plus élevé (6,2 %) de formes sévères. La proportion de formes asymptomatiques était plus élevée que pour les adultes (15,4 vs 2,9 % P < 0,01), les collégiens ayant la plus forte proportion (20,9 %) de formes asymptomatiques.

La contamination se fait plutôt dans le sens adultes-enfants

Le nombre de cas pédiatriques est demeuré élevé pendant le mois de février 2020 ; la courbe épidémiologique marquait un retard de 19 jours en comparaison de celle de l’adulte ce qui tend à montrer que la contamination se faisait dans le sens adultes-enfants. Le premier pic a été observé chez les lycéens une semaine avant celui des autres groupes pédiatriques. La proportion de cas avec un contage confirmé était plus importante que chez l’adulte (44,5 % vs 22,4 % P<0,01) et celle de cas groupés était près de 2 fois supérieure à celle des adultes (22,9 vs 12,5 % P<0,01). L’intervalle médian entre le début des symptômes et le diagnostic était de 3 jours, plus court que celui des adultes (P<0,001).

Ainsi, la courbe épidémique des cas pédiatriques est en décalage de 19 jours en comparaison de celle des adultes. Les clusters représentent la forme majeure de transmission. Ces données ne semblent pas remises en cause actuellement avec les nouveaux variants.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Wang M et coll. : Epidemiological characteristics and transmission dynamics of paediatric cases with coronavirus disease 2019 in Hubei province, China. J Pediatr Child Health 2021;57:637-645

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Vos réactions (4)

  • Mais alors... pourquoi les embête-t-on avec le masque ?

    Le 10 novembre 2021

    ... au détriment des apprentissages du langage et de la prononciation jusqu'à 6-7 ans ?

    Dr A. Pipet (Médecin et co-cheffe de famille en parallèle)

  • Alors pourquoi vacciner les enfants ?

    Le 11 novembre 2021

    Vacciner des enfants contaminés par des adultes alors qu'ils font des formes bénignes sauf exception n'est ce pas de l'aveuglement concernant une politique vaccinale dont on sait qu'elle n'atteindra jamais les 95% de vaccinés pour espérer éradiquer la circulation du virus. N'est on pas là en train de jouer les apprentis sorciers ?

    Dr Pierre-André Coulon

  • Apprentis sorciers : c'est le mot

    Le 27 novembre 2021

    Dr Coulon, je suis d'accord avec vous.
    Peut-être que ces vaccins sont sans danger y compris si répétés (et j'aimerais bien). Mais pour l'heure, le recul que nous avons sur eux ne dépasse pas 1 an et nos enfants méritent plus d'intelligence de la part de leurs aînés. Plus de prévoyance et de prudence.
    Quand je pense au nombre de fois où des patients m'ont regardée de travers lorsque je leur proposais un examen supplémentaire ou un traitement, en me disant "vous me prenez pour un cobaye", alors que j'utilisais des techniques ou traitements éprouvés depuis des années, je me demande ce qu'ils diraient s'ils avaient pleinement conscience de ce qu'on nous impose...

    Notre gouvernement cultive régulièrement la peur du virus (alternativement on a droit aux menaces amplifiées d'un variant, ou d'une Nième vague), pour museler tout véritable débat citoyen. Ce qui malheureusement nourrit les méfiances et incompréhensions. Contrairement à ce qu'ils semblent penser, les débats consolident la société, font partie du vivre ensemble, favorisent la compréhension et les choix éclairés.

    Je suis terrifiée à l'idée de devoir bientôt priver mes enfants de tout loisir et vacances parce que je refuserai de les faire vacciner, tant que les preuves du bénéfice > risque du vaccin chez les moins de 12 ans ne seront pas solides et avec suffisamment de recul...

    Dr A. Pipet

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