Covid-19 en France : tous les indicateurs passent au vert

Paris, le vendredi 20 novembre 2020 – Après plusieurs semaines difficiles, les épidémiologistes amateurs que nous sommes tous devenus peuvent raisonnablement retrouver le sourire. Ainsi, en S46 (semaine du 9 au 15 novembre), tous les indicateurs épidémiques de la Covid-19 en France passent au vert.

Effondrement de l’incidence

En S 46, le taux d’incidence de consultations pour une IRA a été estimé à 103/100 000 habitants (vs 146/100 000 habitants en S45). Même constat pour les recours au réseau SOS médecins pour suspicion de Covid-19 : après 5 semaines de hausse, ces actes médicaux pour suspicion d’infection par le nouveau coronavirus décroissent nettement pour la 2ème semaine consécutive (-27 %, soit -1 704 actes par rapport aux 6 275 actes enregistrés en S45).

Une tendance qui se retrouve sur le dépistage. En semaine 46, 1 030 645 personnes ont été testées pour la première fois pour le SARS-CoV-2 par RT-PCR (pour 1 653 414 tests réalisés) dont 166 577 nouveaux résultats positifs confirmés par RTPCR, nombre en forte diminution par rapport à celui de la semaine 45 où 291 265 nouvelles « contaminations » avaient été rapportées, soit -43 %.

Il faudrait néanmoins ajouter à ces chiffres, les tests antigéniques positifs, mais les données restent lacunaires en la matière. Cette semaine, Santé publique France a juste été en mesure d’annoncer que 32 935 « cas » avaient été identifiés par tests antigéniques depuis début octobre.

Figure1. Nombre de personnes testées, nombre de personnes testées positives pour le SARS-CoV-2 et taux de positivité par RT-PCR dans les laboratoires, par semaine, France, (source S9-S19 : 3 Labo et laboratoires hospitaliers ; depuis S20 : SI-DEP, données au 18 novembre 2020)

S46 : Données provisoires, en cours de consolidation Données incluant uniquement les tests réalisés par RT-PCR.

Conséquences de cette embellie de la météo épidémique,  la carte de France s’éclaircit et de nombreux départements connaissent désormais un taux d’incidence inférieur à 250/100 000 habitants.

Figure 2. Taux d’incidence (/100 000 habitants) pour le SARS-CoV-2 par RT-PCR par département, France, du 09 au 15 novembre 2020 (source : SI-DEP, données au 18 novembre 2020)




Un phénomène que l’on constate y compris dans les grandes métropoles dans des proportions parfois spectaculaires. A Paris, par exemple, le taux d’incidence qui était de 542 en S44 et n’est plus que de 195 en S46.


Figure 3. Évolution des taux d’incidence hebdomadaires des cas confirmés par RT-PCR par métropole, France, du 13 juillet au 15 novembre 2020 (source SI-DEP, données au 18 novembre 2020)


Les hôpitaux respirent enfin

Les marqueurs épidémiques connaissent la même évolution favorable à l’hôpital.

Dans les services d’urgences, après 4 semaines consécutives de hausse et une stabilisation en S45, les passages pour suspicion de Covid-19 en S46 étaient en diminution de 19 % (soit 2 755 passages de moins).

Les déclarations de nouvelles hospitalisations pour Covid-19 ont également entamé une décrue pour la première fois depuis le début de la deuxième vague : 17 390 nouvelles hospitalisations déclarées en S46 vs. 19 940 en S45 (-13 %), idem pour les nouvelles admissions en réanimation (2 761 en S46 vs 3 037 en S45, soit -9 %).

On assiste même, désormais, à un recul (limité) du nombre total de patient à l’hôpital (32 314 le 19/11 vs 32 654 le 12/11) y compris en soins critiques (4 637 le 20/11 vs 4 884 le 13/11).

Même le nombre de décès liés au nouveau coronavirus se stabilise : 3 756 en S46 vs 3 817 en S45 (-2 %)

Ces tendances devraient se confirmer la semaine prochaine. On note en effet une très forte baisse des R effectifs.

Figure 4. Trajectoire du nombre de reproduction effectif (R-effectif) à partir des tests PCR positifs au SARS-COV-2, des passages aux urgences avec suspicion de COVID-19 et des hospitalisations pour COVID-19 en France métropolitaine du 15 mars au 14 novembre 2020 (Sources : SI-DEP, OSCOUR® et SI-VIC)



L’estimation du taux de reproduction effectif est ainsi inférieure à 1 en France métropolitaine à partir des trois sources de données (virologiques, passages aux urgences et hospitalisations).

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (3)

  • Facteur favorisant ?

    Le 20 novembre 2020

    On peut noter qu'une grosse campagne de vaccination grippe est en cours. Autant de vaccins grippe en 1 mois vendus en pharmacie que l'année dernière, pendant la periode oct. 2019-fin janvier 20.

    Maignan, Pharmacien

  • Ne pas répéter les erreurs

    Le 21 novembre 2020

    Le "confinement", c'est une chose. Le déconfinement en est une autre.
    Rien ne sert de bloquer un pays temporairement si c'est pour provoquer un rebond pire qu'avant.
    Déconfiner, ça pourrait se faire par étapes :

    1. liberté de circulation pour quelques millions de personnes détentrices d'un certificat médical de non contagiosité présumée (ancien malade covid, ou test sérologique positif, ou test négatif datant de moins d'une semaine), ainsi que pour les scolaires, avec réouverture de tous les commerces (sauf bars, discothèques, restauration et sport en salle)

    2. deux semaines plus tard, au vu des données épidémiologiques, élargissement à toutes les personnes ayant une attestation d'activité professionnelle ou étudiante et maintien d'un couvre feu de 21h à 6h.

    3. deux semaines plus tard, généralisation de la libre circulation et de toutes les activités.
    Ne serait-ce pas raisonnable ?

    Dr Pierre Rimbaud

  • Covid fin de partie acte 2

    Le 22 novembre 2020

    Et voilà, notre bon Druide vient lui aussi d'annoncer la décrue à Marseille.
    Il a aussi montré des études (pas les siennes) qui ont montré que les mesures "sociales" (anti sociales devrait on dire plutôt) n'ont absolument rien changé à l'épidémie.

    Une conclusion implacable est de dire que l'un des facteurs favorisants dans cette crise sanitaire n'est en aucun cas le systeme de santé ultra moderne mais l'humble habitude de traiter les maladies infectieuses. A force d'aseptiser, on a perdu le goût de l'infection...

    Aussi, il a bien expliqué (encore une fois il est le seul) les différentes variantes du virus qui explique bien les différentes bosses dans la courbe des infections...

    N'oublions pas le vieille adage disant "la maladie évolue à son propre compte", elle n'écoute ni les Medias ni les censeurs dans les assemblées parlementaires et se fout pas mal des masques à l'école.

    Xavier Geneste

Réagir à cet article