Dangers du paracétamol : l’ANSM enjoint l’industrie de mieux avertir les patients

Paris, le mardi 9 juillet 2019 - Le paracétamol, présent dans plus de 200 spécialités, est la substance active la plus vendue en France et sa consommation a augmenté de 53 % en 10 ans.

Une conséquence de l’affaire Musenga

Il y a un an, le procureur de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, ouvrait une information judiciaire pour non-assistance à personne en danger après le décès de Naomi Musenga qui, en dépit d’un appel désespéré, n’avait pas pu obtenir l’aide immédiate du Samu. Le procureur faisait alors savoir que, selon les premiers résultats de l'enquête, la jeune femme avait probablement succombé à un surdosage de paracétamol.

Cette nouvelle avait entraîné une réflexion sur la dangerosité des mésusages de cette molécule.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui rappelait que « la mauvaise utilisation du paracétamol est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France » s’était saisi de la question et avait lancé une consultation publique visant à déterminer un message d’alerte harmonisé et obligatoire à faire figurer sur les conditionnements.

Cette consultation faisait suite à de nombreuses actions engagées par les autorités sanitaires françaises depuis les années 1980, quand la France devenait le premier pays européen à avoir limité la dose de paracétamol par boîte (8 grammes).

Dépasser la dose peut détruire le foie

À la suite de cette consultation publique, à laquelle 2 300 personnes ont participé, l’ANSM demande aux laboratoires concernés de modifier les boîtes de médicaments contenant du paracétamol pour y faire figurer des messages d’alerte. Ces derniers ont 9 mois pour se mettre en conformité.
Aussi, l'ANSM a décidé que seraient apposées les mentions suivantes : « SURDOSAGE = DANGER. Dépasser la dose peut détruire le foie » et « SURDOSAGE = DANGER. Ne pas prendre un autre médicament contenant du paracétamol ». 

Selon les explications du Dr Dominique Martin, directeur de l'ANSM, auprès du « Parisien », « il s'agit d’un message majeur. Nous le voulions direct et visible. C'est pourquoi, afin d'être vu par tout le monde, il sera apposé sur la face avant des boîtes. À l'arrière, nous avons opté pour un rappel pédagogique des bonnes pratiques ».

En outre, le pictogramme « danger » sera affiché et la mention concernant le surdosage sera écrite en lettres capitales et en rouge.

Ce nouvel avertissement pourrait être suivi d’autres mesures restrictives s’il n’est pas suivi d’effets, préviennent les autorités sanitaires.

F.H.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (8)

  • Enfin !

    Le 09 juillet 2019

    Quand on sait qu'avec un surdosage facile d'un médicament en vente libre, on peut "fusiller son foie".
    Je connais dans mon entourage plusieurs personnes qui "s'automédiquent"au paracétamol tout près des doses potentiellement toxiques...
    Je leur explique les mises en gardes, mais ils me pensent alarmiste: "On n'est pas prévenu sur les boîtes!", et ils me montrent alors fièrement un grand sac en plastique plein de boites de D. : "Tu vois, mon médecin m'en prescrit à chaque visite. J'en ai plein de côté! Tu en veux? c'est gratuit tu sais!...".
    Effarant.

    Dr Jean Caraux

  • Plus d'OTC pour les formes dosées à 1 g

    Le 09 juillet 2019

    La dose dangereuse pour un adulte est autour de 8 g, au delà le risque de cytolyse hépatique est bien réel. C'est la raison pour laquelle aucun conditionnement de paracétamol ne dépasse ces 8g.
    Pour ce qui est de l'automédication, il n'est pas prudent de laisser en libre accès (OTC) des formes dosées à 1g par unité thérapeutique (comprimés), il faudrait réserver ces dernières à la prescription médicale et par conséquent les "lister".

    Quant à l'avertissement sur les conditionnements, si son bien-fondé reste indiscutable, il expose
    néanmoins à un risque, c'est celui de l'utilisation dans les TS. Rien n'est parfait.

    Dr MM

  • Plus de vente libre

    Le 09 juillet 2019

    Je suis ok avec ce que dit le Dr Jean Caraux. Cette vente libre est scandaleuse, les gens en plus font n'importe quoi, ils mélangent les produits, il ne savent même pas ce qu'est une molécule : n’importe quoi! Ils droguent leurs enfants pour un oui ou un non avec ce produit dangereux en vente libre.

    Dr Lucile Poumarat

Voir toutes les réactions (8)

Réagir à cet article