Des experts épinglés pour non-déclaration de conflits d’intérêt

L’association anticorruption Anticor a porté plainte pour prise illégale d’intérêt contre six experts de la HAS. Ils n’auraient pas déclaré leurs liens financiers avec des laboratoires pharmaceutiques.

En février 2017, la HAS a réactualisé ses recommandations sur la prise en charge des principales dyslipidémies qui induisent une augmentation du nombre de patients potentiellement à traiter. Plus d’un an plus tard, le 3 octobre dernier, l’association anticorruption Anticor a porté plainte auprès du parquet de Bobigny pour prise illégale d’intérêt contre six des neufs membres du groupe d’expertise de la HAS consultés pour cette recommandation. « Notre plainte porte sur une recommandation, mais le phénomène est systémique » remarque l’association.

D’après Anticor, ces médecins n’auraient pas déclaré leurs liens financiers avec des laboratoires pharmaceutiques. Sont particulièrement visés le professeur Bruno Vergés, chef de service au CHU de Dijon et le docteur Jean-Michel Lecerf, chef de service à l’Institut Pasteur de Lille, qui n’auraient pas déclaré les avantages et rémunérations qu’ils ont reçus de l’industrie pharmaceutique. Les déclarations publiques d’intérêt qu’ils ont rendues à la HAS ne correspondent pas à ce qu’ils ont posté en ligne sur la base publique « transparence santé ».

En parallèle, l’association pour une formation médicale indépendante (Formindep) a déposé une requête devant le Conseil d’État pour faire retirer la recommandation incriminée. « Ces recommandations, qui sont calquées sur celles de sociétés savantes financées par l’industrie pharmaceutique, doivent être retirées, car elles ne répondent pas aux principes d’impartialité propres à toute expertise médicale » rappelle l’association.

Alors que la HAS n’a pour l’instant fait aucun commentaire, les médecins concernés se défendent ardemment. Si le docteur Lecerf reconnait un « oubli », il trouve « invraisemblable d’être épinglé pour un travail bénévole effectué pour la HAS ». Quand au professeur Vergès, il affirme que les avantages reçus par les laboratoires « n’influencent pas les recommandations, pour les écrire nous nous appuyons sur des éléments de preuve indiscutables ». 

Le Code de la santé publique oblige tout expert participant à une étude de déclarer tout les liens d’intérêt qu’il a eus durant les cinq années précédant sa mission. C’est ensuite à la HAS de déterminer si ces liens sont trop importants pour que l’expert puisse continuer sa mission sereinement. Depuis octobre 2016, la HAS s’est d’ailleurs doté d’un déontologue, le magistrat Daniel Ludet, chargé de veiller au respect des obligations de déclaration des liens d’intérêt.

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • Les dyslipidemies en question

    Le 28 octobre 2018

    A lire
    https://michel.delorgeril.info/anticholesterol-injectable/cholesterol-statines-anti-pcsk9-waterloo-waterloo-morne-plaine/comment-page-1/#comment-31184

    Jean Cosimi (IDE)

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