Des tests sérologiques accessibles aux soignants à partir de la semaine prochaine

Paris, le mercredi 20 mai 2020 – La place des tests sérologiques dans la surveillance de l’épidémie n’est pas encore parfaitement déterminée. Nous l’avons indiqué hier, des textes réglementaires devraient être prochainement publiés, offrant des précisions supplémentaires sur le recours à ces tests, la liste des premiers dispositifs validés et les conditions de remboursement. Pour l’heure, le ministre de la Santé a indiqué hier que les personnels soignants pourraient réaliser à partir de la semaine prochaine un dépistage sérologique, sur prescription médicale. Ces dépistages seront pris en charge par la Sécurité sociale. L’ensemble des professionnels de santé est concerné, qu’ils exercent dans des établissements privés ou publics, en EHPAD ou en ville, a affirmé le ministre. Dans un second temps, ce système devrait être élargi « à tout le personnel qui travaille dans le domaine de l’hébergement d’urgence ». Pas question cependant de voir dans ce signal la possibilité d’une prescription plus large des tests sérologiques : le soir même le directeur général de la Santé, le professeur Salomon s’est montré très clair sur le fait que pour l’heure, les seuls dépistages proposés en population générale reposaient sur la recherche de l’ARN viral par PCR.

13 décès au sein des personnels soignants et non soignants de 1 091 établissements 

Ces dépistages sérologiques pourraient être riches d’enseignement quant à l’évaluation du taux de reproduction du virus, chez des personnes particulièrement exposées. Ils constituent par ailleurs un outil supplémentaire pour la surveillance des professionnels de santé. Cette dernière est l’objet d’un protocole mis en place dès le 1er mars par Santé publique France (SPF) en partenariat avec le Groupe d'étude sur le risque d'exposition des soignants aux agents infectieux (Geres) et les Centres d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias). Une première étape a d’abord consisté à déterminer les « indicateurs de suivi de l’impact de l’épidémie sur la santé des professionnels en établissements de santé d’hospitalisation ». Puis à partir du 22 avril, une personne référente a été désignée dans chaque établissement pour renseigner hebdomadairement un questionnaire permettant de collecter de façon anonyme des données sur le nombre de professionnels infectés, le nombre de décès parmi ces derniers et l’historique. Les premiers résultats de cette veille qui ont été publiés en ce début de semaine par Santé publique France révèlent que 25 337 cas de Covid ont été recensés chez les personnels soignants et non soignants dans 1 091 établissements dont 13 sont décédés (au 14 mai).

Une enquête en ville dont les résultats sont attendus

Parallèlement à cette enquête concernant les structures, une seconde enquête individuelle a été initiée par le Geres avec le soutien de Santé publique France, qui s’adresse à tous les professionnels de santé contaminés par SARS-CoV-2 quels que soient leur profession et leur lieu d’exercice. Cette étude devrait notamment permettre de mieux déterminer les circonstances de contamination.

A.H.

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Vos réactions (4)

  • On rase gratis ?

    Le 20 mai 2020

    Eh bien, il était temps, alors que la pandémie est en train de s'estomper ... Peut-être encore de vaines promesses, du style "Demain on rase gratis". Clairement, c'était dès le début qu'il aurait fallu le faire.

    Serge Verdenal

  • Pas de bon sens (@ Serge Verdenal)

    Le 21 mai 2020

    Pour l'heure aucun test n'est validé et on ignore le rôle protecteur des anticorps.
    Qu'aurait-on dû faire dès le début ?
    Je m'étonne de lire ici ces propos dénués de tout bon sens.

    Dr Serge Vaksmann

  • Soyons sérieux !

    Le 22 mai 2020

    On ne pouvait pas faire avant ce qu'on ne connaissait pas, soyons sérieux!

    Agnes Guillemin

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