Dopage : vers un réexamen de l’interdiction du cannabis

Paris, le mercredi 15 septembre 2021 - Voilà un engagement qui risque de faire du bruit dans le monde du sport. Mardi 14 septembre, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé procéder au réexamen de l’inscription du cannabis sur la liste des substances interdites pour les athlètes.

Comment expliquer un tel revirement ? De nombreux observateurs soulignent que la nouvelle est intervenue plusieurs mois après la suspension de l’athlète et sprinteuse américaine Sha'Carri Richardson (titulaire de la neuvième performance mondiale de l’histoire aux 100m femmes) privée de Jeux Olympiques pour avoir été contrôlée positive au cannabis.

Le 1er juillet dernier, l’athlète Américaine avait notamment expliqué avoir acheté du cannabis en Oregon, après avoir appris le décès de sa mère biologique, qui l'avait abandonnée durant son enfance et en aucun cas pour chercher à améliorer ses performances sportives.

Des sanctions déjà assouplies

Mais depuis le 1er janvier déjà, le nouveau code de l’AMA avait prévu des sanctions allégées en cas d’usage de drogues « récréatives » (cocaïne, ecstasy ou cannabis) lorsque ces dernières ont été consommées « sans rapport » avec l’amélioration des performances sportives.

Une situation vivement critiquée à l’époque par l’Académie de médecine pour des raisons sanitaires, mais aussi pour des considérations liées à l’éthique sportive. En avril dernier, l’Académie avait eu l’occasion de rappeler que le THC « cumulait les entorses à l’éthique du jeu » dans la mesure où ses effets désinhibiteurs augmentaient l’agressivité « ce qui est dangereux lors des sports de combats ».

Toutefois, de nombreuses célébrités, athlètes et politiques, ont fustigé une règle qu’elles jugent dépassée et inutile. Ainsi en 2009, la légende de la natation Michael Phelps avait été surpris consommant du cannabis lors d’une soirée étudiante. Un geste lui ayant valu une suspension de trois mois de la part de la fédération américaine de natation.

Une discussion engagée

« Après avoir reçu les demandes d’un certain nombre de parties prenantes, le [comité exécutif] a approuvé la décision du groupe consultatif d’experts de commencer en 2022 un examen scientifique du statut du cannabis », a expliqué l’AMA dans un communiqué à l’issue d’une réunion à Istanbul.

À ce stade, le cannabis restera interdit en compétition jusqu’en 2022 compris.

Durant les Jeux Olympiques, le patron de la Fédération internationale d’athlétisme Sebastian Coe, avait appelé à un réexamen du statut du cannabis. « C'est censé, rien n'est inscrit dans le marbre. On s'adapte et on réévalue à l'occasion » avait précisé l’ancien athlète.

C.H.

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Vos réactions (1)

  • Vive le sport...

    Le 16 septembre 2021

    Ben voyons ! Pourquoi pas une petite clope ou un popper dans les starting blocks ?
    Assurément, la promotion de la santé par le sport n'en sera que mieux appréciée de notre jeunesse.

    Mais je divague : le sport aurait-il la moindre vertu morale, civilisationnelle ou sanitaire ? Non, bien sûr : ce n'est plus qu'une gigantesque activité commerciale, une industrie médiatique et financière, ainsi qu'un vaste enjeu geopolitique.

    Dr Pierre Rimbaud

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