Et les anticorps monoclonaux « marchent » aussi !

La vaccination est la stratégie primordiale dans la lutte contre la Covid-19, même si elle n’est pas suffisante pour venir à bout de la pandémie. L’efficacité des vaccins sur le marché a été largement démontrée, mais ils ne mettent pas totalement à l’abri de l’infection. En général, il s’agit alors de formes symptomatiques dites légères dont le pronostic à court terme est favorable, mais l’émergence du variant B.1.617.2 (Delta) hautement transmissible a tout de même joué en faveur de l’échappement vaccinal.

Des patients infectés quoique vaccinés

Quelle peut-être l’intérêt des anticorps monoclonaux chez ces sujets complètement vaccinés qui se trouvent confrontés à cette situation et qui sont à haut risque du fait de comorbidités par exemple ? Quel est l’impact sur le risque d’hospitalisation ? C’est à ces questions que répond une petite étude ouverte dans laquelle ont été inclus 1 395 patients adultes (âge moyen, 54,3 ans ; femmes : 60 % ; indice de masse corporelle, 30,7 kg/m2) infectés par le SARS-CoV-2 en dépit d’une vaccination complétée en moyenne 120 ± 53,7 jours auparavant.

Une hospitalisation dans les 28 jours qui ont suivi l’infection a été nécessaire pour 107 d’entre eux (7,7 %). Des anticorps monoclonaux ont été administrés chez 527 patients (37,8), les autres (n = 868 ; 62,2 %) constituant le groupe témoin. Dans la majorité des cas, c’est l’association casirivimab-imdevimab qui a été utilisée précocement après le début des symptômes (médiane = 5 jours, écart interquartile, EIQ 3-6 jours) ou la réalisation d’un test PCR s’étant révélé positif (médiane = 2 jours ; EIQ 1-3 jours).

Amélioration du pronostic à court terme  

Dans le groupe traité, la fréquence des hospitalisations a été estimée à 2,65 % et à 10,7 % dans le groupe témoin, ce qui conduit à un Odds Ratio [OR] de 0,227 (intervalle de confiance à 95 % [IC], 0,128 – 0,403; p<0,001). Soixante et un patients (4,4 %) ont développé une hypoxie qui a nécessité une oxygénothérapie. Les anticorps monoclonaux ont été associé à une réduction significative de la fréquence de l’hypoxie, soit 0,95 % versus 6,45 % (OR = 0,139 ; IC 95 %, 0,055 – 0,349 ; p < 0,001). Aucune admission en unité de soins intensifs n’a été constatée dans le groupe traité, alors que cette éventualité a concerné cinq patients de l’autre groupe. La mortalité a été nulle dans l’ensemble de la cohorte. Le nombre de patients à traiter pour éviter une hospitalisation  a été estimé à 225 chez les patients à faible risque et à 4 chez ceux qui cumulaient le plus grand nombre de comorbidités (> ou = 4).

Cette étude rétrospective souffre des limitations propres à cette approche. Elle n’en porte pas moins sur un effectif conséquent constitué à un moment où le variant Delta était déjà le variant largement dominant. Elle confirme l’efficacité thérapeutique des anticorps monoclonaux administrés le plus tôt possible après le début des symptômes ou la positivité du test PCR : l’amélioration du pronostic à court terme est hautement significative chez les sujets complètement vaccinés, notamment ceux qui ont tendance à cumuler les comorbidités.

Dr Philippe Tellier

Référence
Bierle DM et coll. : Monoclonal Antibody Treatment of Breakthrough COVID-19 in Fully Vaccinated Individuals with High-Risk Comorbidities. J Infect Dis : publication avancée en ligne le 21 novembre. doi: 10.1093/infdis/jiab570.

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Vos réactions (1)

  • Un traitement enfin ?

    Le 30 novembre 2021

    Si ce traitement fonctionne tant mieux! il y a donc des traitements!
    Dans ce cas pourquoi ne pas revoir les autorisations conditionnelles de mise sur le marché des vaccins géniques? Elles ont été accordées dans l'urgence et en absence de traitement validé.
    Ce serait l'occasion de mettre davantage de transparence dans les dossiers des vaccins géniques et éventuellement de convaincre de leur action en reprenant une politique de mise sur le marché telle qu'à l'habitude c'est à dire avec des règles garantissant l’innocuité des produits.
    La notion de bénéfice risque mériterait d'être réévaluée.

    Anne Levry (pharmacien)

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