Haïti : 10 ans après le séisme, les hôpitaux toujours sur la brèche

Port-au-Prince, le vendredi 10 janvier 2020 – Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7 dévastait Haïti faisant plus de 200 000 morts, 300 000 blessés et 1,5 million de sans-abri.

Dix ans après la situation est encore critique pour le système de santé dans un contexte de crise politique et économique majeure. 

Une des causes de cette situation dramatique est l’inconséquence des organisations internationales : « le soutien international que le pays a reçu ou qui a été promis à la suite du tremblement de terre ne s'est jamais concrétisé, ou a été arrêté depuis. L'attention médiatique s'est aussi détournée alors que la vie quotidienne de la plupart des Haïtiens devient de plus en plus précaire en raison de l'inflation galopante, du manque de perspectives économiques et des flambées de violence. Il est nécessaire que d'autres acteurs se mobilisent pour répondre aux besoins médicaux actuels » explique ainsi Hassan Issa, chef de mission pour MSF.

10 % de blessures par armes aux urgences

Outre les conséquences directes du séisme, Haïti doit toujours faire face à des violences continuelles. Ainsi, MSF qui anime notamment le « centre de stabilisation d'urgence » dans le quartier de Martissant à Port-au-Prince a reçu en moyenne 80 patients par jour en 2019....dont 10% avec des blessures par balle ou par armes blanches.

Les zones rurales sont elles aussi ravagées. Ainsi, MSF rapporte  comment l’hôpital qu’il soutenait dans le département du sud a fermé en octobre dernier après avoir été pillé… Les soins sont également fortement empêchés par les difficultés de locomotion. Ainsi, pour organiser le transfert des patients dans un état critique, cinq heures de route sont nécessaires. Au nord, MSF avait projeté de créer deux structures de prise en charge pour les victimes de violences sexuelles : leurs activités n’ont pas encore pu démarrer à cause du manque de carburant et des difficultés d’accès.

Mais MSF ne perd néanmoins pas espoir, et, en  novembre 2019, l’association a rouvert un centre de traumatologie de 50 lits dans le quartier de Tabarre à Port-au-Prince qui a déjà accueilli 574 patients dont plus de la moitié était blessée par balles !

L'organisation annonce également « renforcer son aide au ministère de la Santé par des dons d'équipements et de matériel médicaux, en réhabilitant des structures médicales, en formant le personnel du principal hôpital public de Port-au-Prince, ainsi qu'en soutenant un hôpital à Port-Salut dans le département du Sud et dix centres de santé dans tout le pays ».

X.B.

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Vos réactions (1)

  • ONG en Haïti

    Le 13 janvier 2020

    J'ai participé à l'aide initiale en 2010 et suis retourné une fois sur une mission d'enseignement au CHU de Pointe à Pitre. On pourra apporter toute l'aide que l'on peut à Haïti, cela ne changera rien à la nature de ce pays. L'histoire de Haïti depuis plus de 200 ans est un drame très bien documenté. Ne voir que la responsabilité des ONG, c'est oublier les Haïtiens et leur histoire qu'ils ont pris en main il y a 200 ans. Il y a une cause à l'abandon des ONG en Haïti: les haïtiens, pas le peuple qui souffre, mais la frange dirigeante qui exploite le pays à son profit. Bravo aux ONG qui restent pour la population qui souffre.

    Dr Bertrand de Rochambeau

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