Lancement d’une étude destinée à évaluer l’effet du cannabis sur la maladie de Parkinson

Marseille, le mercredi 6 mars 2019 - Le DHUNE, centre de recherche pour les maladies neurodégénératives et le vieillissement, va réaliser une étude sur les effets thérapeutiques du cannabis chez des patients atteints de la maladie de Parkinson. Une première mondiale, même si des travaux et enquêtes rétrospectives sur des petits effectifs ont déjà été menés.

Une vingtaine de patients atteints de la maladie de Parkinson vont consommer du cannabis dans le cadre d’une étude thérapeutique menée à l’hôpital de la Timone à Marseille, mais pas question pour eux d’allumer un "joint". Le protocole établi veut que les participants inhalent du cannabis à l’aide d’un nébulisateur avant d’être hospitalisés durant 24 heures. « Le but est de mesurer le rapport entre le bénéfice et le risque d’une telle pratique thérapeutique » explique sur Europe 1 le professeur Blin, chef du service où l’expérimentation aura lieu.

« On veut déjà quantifier ce bénéfice à la fois sur les signes moteurs de la maladie comme la marche ou le tremblement mais aussi les signes non-moteurs comme l’anxiété, la dépression » précise le médecin. « On sait aussi que le cannabis peut entrainer des troubles psychiques. Il faut absolument être sûr que l’utilisation du cannabis améliore certains symptômes sans aggraver les autres ».

Une ouverture de l’ANSM en faveur d’une expérimentation

Les effets du tétrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol (CBD), les deux principes actifs du cannabis, sur les symptômes de la maladie de Parkinson ont déjà été étudiés chez le rat. L’expérience menée à Marseille est la première réalisée chez l’homme, à la différence de ce qui prévaut pour la sclérose en plaques ou l’épilepsie.

Les données recueillies au cours de l’étude pourraient conduire à la mise au point de médicaments antiparkinsoniens contenant des cannabinoïdes. Pour le moment, aucune forme de cannabis thérapeutique n’est autorisée en France (à l’exception de très rares médicaments) et les patients qui souhaitent utiliser ce produit pour soulager certaines de leurs souffrances sont contraints de se fournir sur le marché illégal. En décembre dernier, un comité d’expert de l’ANSM (Agence du Médicament) s’était dit favorable à une expérimentation du cannabis thérapeutique d’ici fin 2019, considérant qu’il était « pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance » des traitements antidouleurs disponibles.

Une trentaine de pays dans le monde, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou l’Italie, autorisent le cannabis thérapeutique.

Quentin Haroche

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Vos réactions (1)

  • Ceci n'est pas du cannabis

    Le 20 mars 2019

    Attention au choix des mots : les patients ne vont pas consommer du cannabis dans cette étude, mais des cannabinoïdes synthétiques. C'est très différent !

    Aurélien Bernard

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