Le conseil national de l'Ordre des médecins ouvre une procédure contre le professeur Perronne

Paris, le jeudi 25 juin 2020 - Publié à grand renfort d’interventions dans les médias, le pamphlet écrit par le Professeur Perronne (« Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise », chez Albin Michel) se voulait comme un réquisitoire implacable contre les autorités gouvernementales et sanitaires.

Les propos lancés sur les chaines d’information ont suscité les foudres de nombreux infectiologues.

Le Professeur Perronne a notamment déclaré sur la chaîne d'information en continu BFMTV que si les traitements à base d'hydroxychloroquine avaient été appliqués à tous les patients atteints de Covid-19, « on aurait pu éviter 25 000 morts ». Il justifie ce chiffre en comparant avec « les autres pays qui ont utilisé la chloroquine » contre le virus. Rappelons que les pays en question ont dans leur grande majorité renoncé à la prescription de ce produit comme moyen de lutte contre la Covid-19.

D’autres commentaires visent nommément certaines institutions. Le Professeur Perronne a ainsi notamment affirmé que les médecins du CHU de Nantes auraient « laissé crever son beau-frère » en refusant de lui prescrire le traitement recommandé par le Professeur Didier Raoult.

Le Conseil National de l’Ordre ouvre une instruction

Le conseil de l'Ordre, « alerté par les propos tenus dans de nombreux médias par le Pr Christian Perronne, a saisi le conseil départemental de l'Ordre des médecins des Hauts-de-Seine. Il lui a été demandé de se saisir et d'instruire le dossier du Pr Perronne et d'informer le CNOM des suites qui seront données. »

Confraternité et information du public

Dans un communiqué en date du 23 avril 2020, le Conseil national de l’ordre des médecins avait émis un appel à la prudence, rappelant les usages élémentaires en matière de communication au grand public.

Pour l’article R.4127-13 du Code de la Santé Publique, le médecin qui participe à une action d’information du public (que ce soit sur internet, à la télévision ou à la radio) se doit de limiter son intervention à la délivrance d’une « information au public ». Cette information ne peut que concerner des éléments ou données qui ont été « confirmées par la science ».

Le médecin se doit en toute circonstance d'éviter de délivrer une interprétation personnelle de données scientifiques et toujours avoir « le souci des répercussions de ses propos auprès du public ». Il doit également s’interdire de tout propos visant à dénigrer ses confrères.

C.H.

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Vos réactions (37)

  • Communication grand public

    Le 25 juin 2020

    Il était vraiment temps que l'on se préoccupe de la cacophonie qui dure depuis 3 mois dans les communications au grand public. C'est une véritable honte en termes de santé publique. La gestion de cette crise et les recommandations qui ont été émises sont assez difficiles en raison de l'évolutivité de la situation et de nos connaissances, sans devoir y rajouter des désaccords entre (pseudos) experts... cela va à l'encontre de toutes les recommandations en matière d'éducation du public à la santé. On ne veut pas en vouloir à nos concitoyens de ne pas respecter les consignes quand elles sont contredites par nos propres collègues.

    Alain Deccache

  • Dépenses somptueuses du CNOM

    Le 25 juin 2020

    Le CNOM ferait mieux de gérer ses dépenses somptueuses, comme l'a rappelé à de multiples reprise la Cour des Comptes. Il a 3 ans de cotisations en réserve et de multiples placements (?).

    Dr Bernard Albouy

  • Pourquoi pas d'étude correctement menée

    Le 25 juin 2020

    A part des affirmations non fondées et de l'agressivité, le livre de Perronne n'apporte pas grand chose au débat. On ne sait toujours pas pourquoi le Pr Raoult n'a pas voulu apporter la preuve que le traitement à base d'hydroxychloroquine était efficace dans les formes précoces de la Covid par une étude correctement menée dont il avait largement les moyens (intuition précoce, tests, grand nombre de patients positifs, moyens financiers et scientifiques de l'IHU).

    Incidemment, pour le Dr Albouy, si dépenses excessives il y a au CNOM, elles sont somptuaires et non somptueuses...

    Dr Dominique Jaubert

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