Le désamour pour la pilule perdure

Paris, le mardi 27 septembre 2022 – Le recours à la contraception orale continue de reculer en France selon la dernière enquête de l’ANSM.

Légalisée en France en 1967, la pilule contraceptive a longtemps été un symbole de l’émancipation des femmes. Mais les différentes alertes sanitaires autour de la contraception orale ont fortement écorné l’image de la pilule et le recours à ce mode de contrôle de naissances ne cesse de diminuer, notamment chez les jeunes femmes.

A l’occasion de la journée mondiale de la contraception ce lundi, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié les dernières données sur la contraception en France, qui confirment ce désamour.

Net recul des pilules combinées


Ainsi, si la pilule contraceptive reste la méthode de contraception la plus utilisée en France (32 % des femmes de 15 à 49 ans l’ont adoptée), sa consommation a diminué de 15 % en 10 ans. Cependant la tendance est en réalité bien différente selon les types de produits.

Désormais, ce sont les pilules qui associent lévonorgestrel et éthinylestradiol, celles qui présentent le moindre risque de thromboembolie veineuse, qui sont le plus prescrites. L’utilisation de pilules contenant seulement un progestatif a elle doublé en 10 ans. L’ANSM y voit le résultat des actions d’information qu’elle a menés sur les risques liés à la contraception orale entre 2012 et 2014.

L’utilisation d’autres méthodes de contraception et notamment les dispositifs intra utérins (DIU) est stable sur les 10 dernières années, bien que le recours à ces méthodes ait diminué au début de l’épidémie de Covid-19, comme l’avait montré une étude épidémiologie couvrant la période allant de mars 2020 à avril 2021. Là encore, les tendances sont différentes selon les types de produits, l’utilisation de DIU au cuivre étant en augmentation constante depuis 10 ans, notamment chez les femmes de moins de 35 ans.

Le recours au patch contraceptif et aux anneaux vaginaux sont eux en forte baisse.

Et la contraception masculine ?


Mardi dernier, le ministre de la Santé François Braun avait annoncé que la gratuité sans ordonnance de la pilule du lendemain pour toutes les femmes serait inscrite dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), afin « que les femmes ne renoncent plus à la contraception pour des raisons financières ».

Mais au-delà des questions d’argent, les femmes sont également freinées par des interrogations sur leur santé : selon un sondage réalisé par le laboratoire Organon et Ipsos en mars dernier, 23 % des femmes renoncent à la contraception par peur de possibles effets secondaires.

A l’heure où l’égalité des sexes est prônée en tous domaines, ne serait-il pas temps que les hommes prennent aussi leur part du « fardeau » de la contraception ? C’est ce que réclamait en tout cas les auteurs d’une tribune publiée dans le journal Libération le 22 août dernier, qui estimaient que « l’égalité femmes-hommes ne sera réelle en matière de santé sexuelle que lorsque les hommes prendront leur part en matière de contraception ».

S’il n’existe pour l’instant pas de pilule contraceptive masculine sur le marché, le Dr Braun a annoncé vouloir saisir la Haute Autorité de la Santé pour un avis sur les différentes méthodes existantes.

Grégoire Griffard

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Vos réactions (2)

  • Préoccupant

    Le 30 septembre 2022

    On peut se demander si le renoncement à la contraception orale n'est pas un corollaire de la banalisation de l'IVG (voire de sa promotion).

    Dr Pierre Rimbaud

  • Contraception et IVG

    Le 02 octobre 2022

    La contraception évite certaines grossesses non voulues mais n'empêche pas le recours à l'IVG car toutes les grossesses ne sont pas faites pour faire des enfants et une IVG a toujours un sens dans une histoire pas forcément négatif bien que douloureux.

    Dr J Camarena

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