Le variant delta peut-il venir gâcher la fête ?

Londres, le mercredi 23 juin 2021 – Après plusieurs mois de décrue importante, l’épidémie repart à la hausse dans plusieurs pays d’Europe. La faute au variant delta.

Ce lundi 21 juin devait être un jour de fête au Royaume-Uni. Tous les Britanniques avaient bien noté cette date, qui devait être celle de la levée de l’ensemble des restrictions sanitaires dans le pays. Mais ces espoirs ont finalement été douchés par le Premier Ministre Boris Johnson, qui a annoncé que la fin des jauges dans les lieux publics et la réouverture des boites de nuit étaient décalés au 19 juillet. Le responsable : le variant delta.

Cette nouvelle mutation du Sars-Cov-2, détecté à l’origine en Inde (d’où son autre nom de variant indien) est à l’origine d’un rebond épidémique important au Royaume-Uni, qui compte désormais environ 10 000 nouvelles contaminations par jour, contre seulement 2 000 à la mi-mai. Et ce alors que le Royaume-Uni est l’un des pays du monde où la population est la plus vaccinée, avec 63,6 % de primo-vaccinés et 46,4 % de personnes complètement vaccinées. Plus contagieux que le variant alpha (ou britannique) de 60 %, le variant delta a désormais nettement pris le dessus outre-Manche, puisqu’il y représente 98 % des contaminations. Les hospitalisations sont également en légère hausse et le NHS s’attend à un pic d’hospitalisations autour du 1er août

La coupe d’Europe de football perturbée

Si le Royaume-Uni est le premier pays européen à avoir été touché (en raison de ses liens historiques avec l’Inde), le variant delta se propage désormais partout en Europe. Dans certaines régions de Russie et du Portugal, il représente déjà plus de 95 % des contaminations, provoquant un début de rebond épidémique. Et les restrictions sanitaires sont déjà de retour. A Moscou, un couvre-feu à 23h pour les bars et les restaurants a été instauré. Au Portugal, où le nombre de nouveaux cas a doublé en trois semaines, les habitants de Lisbonne ont désormais l’interdiction de sortir de la capitale. Dans le reste de l’Europe, la progression est plus lente mais certaine : le variant delta représenterait 9 à 10 % des nouveaux cas en France (et 70 % dans les Landes), 15 % en Allemagne, 26 % en Italie.

Ce rebond épidémique, très relatif pour le moment en terme d’hospitalisations, risque de perturber l’organisation de la coupe d’Europe de football, organisée sur l’ensemble du continent jusqu’au 11 juillet prochain. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « les cas de Covid-19 sont en hausse dans les zones où se jouent les matchs ». La progression de l’épidémie au Royaume-Uni inquiète l’UEFA, qui organise la compétition, puisque les demi-finales et la finale devait se jouer au stade de Wembley, à Londres. On évoque déjà un déplacement de ces matchs à Budapest, alors que la Hongrie pratique un certain laxisme sanitaire, puisqu’aucune jauge ni aucun contrôle sanitaire en frontière n’est en place.

La vaccination serait efficace contre le variant delta

Si le variant delta est une source d’inquiétudes, d’autres informations permettent un certain optimisme. Selon les premières données en provenance du Royaume-Uni, les vaccins contre la Covid-19 seraient relativement efficaces contre ce nouveau variant. Ainsi, 67 % des personnes infectés par le variant delta n’étaient pas du tout vaccinés, 25 % n’avaient reçu qu’une dose et seulement 8 % étaient complètement vaccinés. On retrouve des proportions similaires chez les personnes hospitalisées, qui sont majoritairement des sujets jeunes non vaccinés. C’est ce qui explique que la hausse des cas au Royaume-Uni n’a pour l’instant provoqué aucune augmentation du nombre de morts, qui reste très faible (environ 10 décès par jour au R-U).

Le défi pour les pays européens est donc désormais d’accélérer la vaccination. Au Royaume-Uni, la vaccination est désormais obligatoire pour les personnels des maisons de retraite, sous peine de licenciement. En France, la vaccination obligatoire des soignants pourrait être mise en place cet été.

Si une nouvelle vague semble possible voir inéluctable, la vaccination devrait donc en réduire fortement la hauteur et les conséquences.

Quentin Haroche

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Vos réactions (3)

  • Covid et variants

    Le 24 juin 2021

    D'où la nécessité de diversifier les traitements. Enfin Pasteur Lille vient d'avoir l'autorisation de tester l'octofene. Bien sur au moment ou l'epidemie est au plus bas, et ou le nombre de personnes non vaccinées de plus de 50 ans (seules éligibles au test) est au plus bas aussi. D'ici à ce qu'on conclut que l'étude ne prouve rien car on aura tout juste quelques cas...

    Dr J-M Bignon

  • Clocfcolol, ivermectine et autres...

    Le 28 juin 2021

    Pourquoi autant de retard pour pratiquer ces études? et les autre molécules? et pourquoi limiter ces études à une certaine tranche d'age?
    Quant à licencier le personnel soignant qui refuse le vaccin, ce qui pourrait paraître logique, il y a 6 mois, il n'y avait pas de masque, pas de gel, les masques étaient inutiles, les frontières étaient ouvertes, les raves party "tolérées"... bref! et on voudrait faire payer les 'lampistes"! est-il vrai que le vaccin anti Covid est à l'étude aux USA depuis 2015? encore de l'intox?

    Dr Jean-Paul Vasse

  • Si la vaccination marche...

    Le 01 juillet 2021

    ...il faut la généraliser, car, comme le dit l'info ci jointe :Covid-19 : une personne non-vaccinée a douze fois plus de chances d'en contaminer d'autres.

    Donc, si les soignants ont parfaitement le droit de refuser d’être vaccinées, les personnes fragiles dans les Ehpad ou ailleurs ont parfaitement le droit de refuser d’être approchées par des non-vaccinés. Que l'on repartira sur d'autres taches,ou chômage partiel ou total.

    Maignan (Pharmacien)

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