Moins de dépression en traitant l’insomnie

JAMA Psychiatry s’interroge : le traitement de l’insomnie peut-il contribuer à prévenir la dépression chez des adultes de plus de 60 ans ? Cette question fait l’objet d’un essai clinique randomisé, réalisé aux États-Unis sous l’égide de l’Université de Californie (à Los Angeles) et portant sur 291 sujets suivis pendant deux ans, avec prolongation d’une troisième année pour environ 60 % des participants.

Dans cette étude, en matière de prévention du risque dépressif, le bénéfice d’une thérapie cognitivo-comportementale contre l’insomnie (groupe CBTI, cognitive behavioral therapy for insomnia) délivrée pendant deux mois a été comparé à celui d’une simple « thérapie d’éducation au sommeil » (groupe SET, sleep education therapy). On observe la survenue d’une « dépression majeure » chez 12,2 % du groupe CBTI, et chez 25,9 % du groupe SET, soit environ deux fois plus souvent, avec un bénéfice global « cohérent entre les sous-groupes » (rapport de risques 0,51 ; Intervalle de confiance à 95 %, IC95 0,29–0,88 ; p = 0,02). Et la rémission de l’insomnie avant l’épisode dépressif se révèle « plus probable » (26,3 %) chez les participants du groupe CBTI, comparativement aux sujets du groupe SET (19,3 %).

Bénéfice global chez les plus de 60 ans

Avec une rémission soutenue de l’insomnie, les membres du groupe CBTI bénéficient d’une diminution de 82,6 % de la probabilité de dépression (rapport de risques 0,17 ; IC95 0,04–0,73 ; p=0,02), par rapport à ceux du groupe SET sans rémission soutenue de l’insomnie.  

Indiquant un « bénéfice global » de la thérapie cognitivo-comportementale dans la prévention d’une « dépression incidente ou récurrente », les résultats de cet essai randomisé plaident donc pour traiter l’insomnie des sujets de plus de 60 ans avec une telle thérapie. Les auteurs estiment que la généralisation du dépistage des troubles du sommeil et la disponibilité à grande échelle d’un traitement de type cognitivo-comportemental pourrait ainsi contribuer à faire progresser considérablement les efforts de santé publique, à la fois pour traiter l’insomnie et pour prévenir la dépression dans cette population de personnes âgées vulnérables.

Dr Alain Cohen

Référence
Irwin MR et coll.: Prevention of incident and recurrent Major Depression in older adults with insomnia. A randomized clinical trial. JAMA Psychiatry; 2022 vol 79(1): 33–41.

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Vos réactions (1)

  • Et si...

    Le 20 janvier 2022

    ...on traitait la dépression, n'y aurait-il pas moins d'insomnie?

    Dr Jean-Paul Vasse

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