Pour avoir plus de force musculaire

Selon les connaissances actuelles, la force musculaire du muscle squelettique est influencée par plusieurs mécanismes, dont l'hypertrophie et la modification de la conduction nerveuse. La relation entre la section transversale du muscle squelettique et la force est bien établie, et comme l’on peut le supposer, plus celle-ci est grande, plus les niveaux de force générés sont élevés. Pour autant, dans certaines situations, par exemple dans les phases initiales de l'entraînement en force, l'augmentation de la force se produit avant l'hypertrophie significative, laissant en premier lieu la place aux modifications de la conduction nerveuse. Par ailleurs, parallèlement aux multiples techniques de renforcement, il a été démontré au cours des dernières décennies que la mobilisation dans des conditions d'occlusion vasculaire pouvait générer une augmentation de la force musculaire et de l’hypertrophie. La méthode consiste à réaliser une pression de faible intensité sur des groupes musculaires, à l'aide de manchettes gonflables placées autour des membres supérieurs ou inférieurs, afin de restreindre ou inhiber le flux sanguin artériel (occlusion respectivement partielle ou totale). Une équipe brésilienne a recherché à travers une étude à identifier et à spécifier les mécanismes responsables de cette augmentation de force musculaire, lors d’un entraînement en force de faible intensité avec ou sans occlusion vasculaire. En utilisant l’amplitude et l’analyse spectrale du signal électromyographique de surface, cette étude ciblait en particulier les paramètres de la conduction nerveuse.

La randomisation a ainsi réparti 26 sujets sains pour un entraînement de faible intensité de 6 semaines, à raison de 2 séances par semaine, associé ou non à une occlusion vasculaire. Pour les 2 groupes, chaque séance comportait 3 séries de renforcements des extenseurs du genou et un intervalle de 90 secondes entre les séries, avec une charge à 20 % de la RM.

Avec ou sans garrot

A l’analyse, les signaux électromyographique (recueillis pendant les contractions 1, 7 et 12 ; pendant les 3 premières et les 3 dernières répétitions) ont montré que l’entraînement en force de faible intensité avec occlusion vasculaire améliorait la force musculaire développée. Pour autant, aucune corrélation entre l’amélioration des performances musculaires et les signaux représentatifs de l’activation des nerfs n’a pu être mise  en évidence.

Cette étude suggère donc que le renforcement de faible intensité associé à une occlusion vasculaire permet d’améliorer la production de la force musculaire ; néanmoins, ce gain de performance ne semble pas associé à une amélioration de la conduction nerveuse. L'hypothèse concernant cet effet est que l'occlusion vasculaire engendre un recrutement progressif ou préférentiel d'unités motrices à seuil élevé en raison de la réduction de la disponibilité en oxygène, sachant que celles-ci présentent un potentiel hypertrophique plus important.

Dans la pratique sportive, si la force musculaire est un facteur important, l'hypertrophie n'est pas toujours souhaitable. Étant donné que l'hypertrophie semble être le principal mécanisme à l'origine de la force musculaire dans cette technique, l'entraînement en force de faible intensité avec occlusion vasculaire mérite d'être considéré dans les sports où l’hypertrophie est nécessaire. Cependant, dans le cas contraire, si le seul objectif est la force, le renforcement à haute intensité reste l'entraînement le plus approprié.

Anne-Céline Rigaud

Référence
de Castro FMP et coll.: Strength training with intermittent blood flow restriction improved strength without changes in neural aspects on quadriceps muscle. Sc et sports, 2019 ; 34 : 175-185.

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Vos réactions (1)

  • Une étude qui ne prouve pas grand-chose.

    Le 13 janvier 2020

    Le travail spécifique de la force se fait sur un nombre restreint de répétitions (1 à 3) à intensité maximale avec une récupération longue (plusieurs minutes). Le progrès se mesure sur la capacité à mobiliser une fois un poids plus élevé.
    Les athlètes les plus forts selon cette définition (les haltérophiles) peuvent avoir une masse musculaire moins développée que les culturistes sur les groupes musculaires concernés.Les culturistes, par contre, sont plus performants que les haltérophiles dans leur domaine : ils sont capable de mobiliser 10 fois un poids plus élevé.

    Voilà donc une étude qui n'a (j'ose l'espérer) impliqué aucun médecin du sport spécialiste ni aucun entraineur BEES 2 ou 3...et qui ne prouve pas grand-chose.

    Dr Alain Thomas

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