Pour une réhabilitation du vaccin d’AstraZeneca

Paris, le vendredi 26 février 2021 – La survenue de syndromes pseudo-grippaux chez de jeunes soignants après l’administration du vaccin d’AstraZeneca et une efficacité légèrement inférieure à celle des vaccins à ARN ont contribué ces derniers jours à ternir l’image de ce vaccin.

A tel point qu’on note une forte diminution, d’une semaine sur l’autre, du nombre de médecins de ville volontaires pour l’injecter. Ainsi, alors que la semaine dernière 29 000 médecins s’étaient portés volontaires, hier, à la clôture des inscriptions pour la semaine prochaine, seuls 20 000 médecins ont passé commande.

Mais, pour Alain Fischer, en charge de la stratégie vaccinale Française on a fait un faux procès à ce vaccin.

Un vaccin plus efficace que prévu chez les sujets âgés

« Ce vaccin a mauvaise presse en France, il est considéré comme moins efficace et de plus moins bien toléré » a ainsi regretté le professeur au Collège de France en conférence de presse. Aussi pour battre en brèche les idées reçues, il a rapporté une étude en prépublication sur le site de l’université d’Edimbourg (1). Ces travaux concluent que sur plusieurs centaines de milliers de sujets le vaccin AstraZeneca donne même de meilleurs résultats après une injection que le vaccin Pfizer concernant la diminution des hospitalisations à 28 jours (94 % vs 85 %) et des résultats identiques chez les sujets âgés de plus de 80 ans (95 % avec les deux vaccins).  

Ces données, si elles étaient confirmées, pourraient donc également être un argument de plus pour revoir les schémas vaccinaux…mais c’est une autre histoire ! 

C'est un "très bon vaccin" estime donc le Pr Fischer qui attend que la HAS revoit sa copie (elle avait recommandé ce produit de santé pour les moins de 65 ans). « Si ce papier passe le cap de la validation, ce qui devrait être le cas, il doit nous amener à réajuster notre stratégie vaccinale » a-t-il ainsi indiqué.

Sur les syndromes pseudo-grippaux, Alain Fischer a en revanche reconnu que de jeunes professionnels de santé, âgés entre 20 et 40 ans, qui ont été vaccinés avec l'AstraZeneca, ont présenté dans les 48 heures "un syndrome grippal, de la fièvre, des maux de tête, des frissons (…) Cela a créé un tout petit peu d'émoi, chez certains une réticence" reconnait-t-il.

Mais, assure Alain Fischer, il s'agit de syndromes « brefs » et « sans séquelle » et qui sont prévenus avec la prise de paracétamol en amont de la vaccination.

Ces différents points pourraient contribuer à redonner toute sa place au vaccin d’AstraZeneca dans l’arsenal de lutte contre la Covid-19.

Xavier Bataille

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Vos réactions (6)

  • Vivas...

    Le 26 février 2021

    ...pour nos gouvernants en matière de stratégie pour rassurer les citoyens et les médecins...

    Dr Erbibou

  • Un conseil étonnant

    Le 27 février 2021

    Le conseil de prendre du Paracétamol avant l'injection d'un vaccin et ensuite à plusieurs reprises après un vaccin étonne car ce médicament est un inhibiteur des cyclo-oxygénases de type 2 (COX2), d'où un effet anti-Prostaglandines de type 2 (PGED2). Or les PGED2 participent directement à la réponse immunitaire en régulant les lymphocytes CD4 et iTreg.
    Les conseilleurs ont-ils fait une étude concernant l'immunité acquise après un vaccin antiCOVID? Parce qu'en ce moment, il y a beaucoup de conseilleurs...

    Dr Bernard Faverge (Pédiatre)

  • Très mal toléré

    Le 28 février 2021

    Le Pr Fischer n'a jamais vu aucune personne vaccinée avec le vaccin AstraZeneca, il théorise ne pratique pas. En réalité ce vaccin est très mal toléré par certains. Une médecin de 29 ans vaccinée avec ce vaccin, ne conseillera pas à ses patients tellement elle a été malade. Même cas pour une de ses amies. Le labo ment quant à la véritable tolérance et le Pr Fischer cautionne, c'est regrettable. Le paracétamol est peu efficace contrairement à ce qu'affirme le Pr Fischer. Par ailleurs, il me semble qu'une seule dose devrait suffire, même à moitié dose comme l'écrit le labo lui même. Mais deux doses c'est deux fois plus de rentrées financières, alors pourquoi se gêner. On peut appliquer ceci au vaccin Pfizer qui protège à 91 % après seulement une seule dose comme l'écrit l'ANSM.

    Dr Emmanuel Cuzin

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