Prescrire un préservatif : pas de la compétence des infirmiers ?

Paris, le mardi 4 décembre 2018 – Il y a quelques jours, le ministre de la santé Agnès Buzyn annonçait le prochain remboursement d’une marque de préservatif sur prescription médicale.

Dans une tribune publiée sur le site Infirmiers.com, Charles Eury, président de l’ANDPE (Association nationale des puériculteurs diplômés d’état) demande « pourquoi cette prescription ne serait-elle pas ouverte aux infirmiers ». 

En effet, pour lui, « dans une optique de prévention, l’accessibilité pour les jeunes est un élément clé à prendre en compte. Or les infirmiers sont des professionnels de santé qui semblent bien placés pour faciliter le déploiement de cette mesure : les puériculteurs, spécialisés chez l’enfant jusqu’à 18 ans, les infirmiers de l’éducation nationale, et de façon plus générale tout infirmier qui serait amené à rencontrer un jeune dans une relation de soins ».

Pour étayer sa démonstration, il cite en exemple la possibilité accordée aux infirmiers de l’éducation nationale d’administrer une contraception d’urgence sans prescription médicale ou encore celle qui est donnée à tous les infirmiers de prescrire des substituts nicotiniques.

« Finalement, la différence entre un patch nicotinique et un préservatif est ici la capacité pour l’infirmier de le prescrire, alors même que les deux contribuent à une politique de santé publique préventive. Alors que les infirmiers manifestent pour une réelle valorisation de leurs compétences, une mesure de ce type, pensée sans eux, laisse perplexe. Pourquoi limiter les professionnels de santé sur de tels sujets : mobilisons l’ensemble des compétences présentes sur le terrain, pour une politique de santé publique efficiente », conclut Charles Eury.

F.H.

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Vos réactions (1)

  • M'enfin! Quelle indignité!

    Le 05 décembre 2018

    M'enfin! Quelle indignité!
    Prendre la mesure de l'organe, en observer soigneusement les éventuelles anomalies, voici des actes que seul un/une diplômé/e de LA Faculté avant de prescrire ce délicat "dispositif médical". Praticiens qui ont bien le temps de se consacrer à ce rôle social essentiel très valorisant. Et grassement rémunéré d'ailleurs.
    Rappelons qu'il nous est déconseillé, nous, médecins prudents et avisés, sinon interdit de prescrire quoi que ce soit sans diagnostic précis étayé par un examen clinique soigneux.
    Autoriser de telles prescriptions aux paramédicaux est inadmissible. Pourquoi, soyons fous, ne pas imaginer la vente libre de ces "choses"?

    Dr Charles Kariger

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