Professionnels de santé : une mobilisation sans faille !

Paris, le mardi 24 mars 2020 – « Aujourd’hui à 21h35, j’ai créé un planning avec une troisième ligne de garde de nuit aux urgences pour les internes sur la base du volontariat. A 21h41, il était rempli. C’est dingue, c’est génial un peu ». Ce message posté hier sur Twitter par Yonathan Freund, professeur de médecine d’urgence à la Pitié-Salpêtrière, est une illustration de la mobilisation sans faille des professionnels de santé, face à l’épidémie de Covid-19.

Des mouvements d’humeur mais une détermination parfaite

Bien sûr, il existe des controverses, concernant notamment le manque de protection dont ils bénéficient, bien sûr des interrogations concernant la rémunération des nombreuses heures supplémentaires des équipes de réanimation commencent à s’exprimer, bien sûr les déclarations lyriques du chef de l’État sur les « héros » en blouse blanche ont parfois suscité quelques crispations. Mais au-delà de ces mouvements d’humeur, les professionnels de santé ont été très nombreux à répondre à l’appel à la mobilisation générale, avant même qu’il ne soit lancé par le Président de la République.

Des soldats chevronnés et nullement apeurés

« Je ne me sens pas spécialement héroïque, ça fait partie de ma conception de ce métier. Quand la situation le nécessite, il faut savoir se mobiliser » explique dans le quotidien 20 minutes Myriam Untersteller, 66 ans, chef d’une unité de réanimation à la retraite et qui a été l’une des premières à répondre à l’appel aux renforts lancé par l’hôpital de Poitiers. D’autres n’ont pas attendu les messages lancés par les établissements de soins, les agences régionales de santé (ARS) comme ce week-end en Ile de France, ou le Conseil national de l’Ordre qui a adressé un mail à chacun des 40 000 médecins retraités. Devançant ces messages, ils ont été nombreux à contacter la réserve sanitaire. Le site et la plateforme de cette dernière ont connu une activité sans précédent. « Les appels des autorités sanitaires et des ordres professionnels ont entraîné un afflux d’engagement très important avec l’inscription de plus de 13 000 professionnels de santé entre le 26 janvier, date des premières mobilisations en lien avec le Covid-19, et le 17 mars » indique la réserve sanitaire. La détermination des praticiens retraités ne semble pas amoindrie par le risque accru de complications que connaissent les personnes de plus de 60 ans ; beaucoup veulent croire que la bonne application des mesures barrières par les médecins limite le risque de contamination.

Désengorger les plateformes d’appel des SAMU

Les médecins retraités n’ont pas été les seuls à répondre nombreux. Plusieurs SAMU ont constaté avec surprise l’enthousiasme des jeunes étudiants en soins de santé. Ces derniers, dans plusieurs localités, sont venus renflouer les rangs des opérateurs du SAMU afin d’optimiser les délais de réponse, alors que les appels ne cessent d’affluer. Au SAMU de Toulouse, on se félicite ainsi d’avoir organisé dès la mi-mars des sessions de formation accélérées pour permettre à des jeunes recrues volontaires de soulager les lignes du SAMU. Résultat : en quelques jours, les délais d’attente de la cellule Covid qui avaient explosé (pouvant atteindre parfois jusqu’à 50 minutes d’attente) sont désormais proches de zéro.

Bientôt les vétérinaires ?

Cette mobilisation qui s’observe dans toutes les professions, en particulier chez les infirmières, et qui dépasse les querelles habituelles (par exemple entre spécialistes et généralistes ; les premiers ayant dès la semaine dernière annoncé être prêts à soutenir les seconds), pourrait également être transdisciplinaire. Ainsi, les autorités sanitaires ont la semaine dernière pris contact avec l’Ordre national des vétérinaires, afin qu’il recense les praticiens qui pourraient être disponibles, non pas pour réaliser des actes sur des patients (ce qui leur est interdit) mais pour participer eux aussi à des actes de régulation et à la logistique.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Belle mobilisation

    Le 29 mars 2020

    Et n'oublions pas (une fois de plus) les pharmaciens et leurs équipes qui sont en première ligne aussi et qui assurent leur service, y compris une permanence de garde 7/24 à l'échelle nationale.

    H.C.

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