Quand l’UFML veut prouver par l’absurde que la régulation à l’installation serait une erreur

Paris, le mercredi 10 août 2022 - Les partisans d’un conventionnement sélectif ou d’une régulation à l’installation avancent qu’il existerait en France des zones sur dotées en médecin.

Cette antienne irrite de plus en plus de praticiens, aussi, le médecin connu sous le nom de « DocPepper » sur Twitter a lancé ce défi absurde : « J'offre 1 000 euros de ma poche à l'association [de maires NDLR] de son choix, si un seul maire en France, un seul, pense qu'il a trop de médecins sur sa commune et qu'il est prêt à en voir diminuer le nombre en obligeant les jeunes à aller dans des zones sous-dotées ».

Si aucun édile n’a relevé le gant, le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML a saisi la balle au bond et annonce abonder de 2000 euros cette cagnotte. Le challenge est « très simple », explique le Dr Marty à l’adresse de l’Association des maires de France et des maires ruraux, en pointe du combat en faveur de la régulation à l’installation.

Il consiste à trouver « ne serait-ce qu’un maire d’une zone sur-dotée ou normalement dotée, capable d’annoncer, par voie de presse, à ses administrés/électeurs que, par solidarité, il désire voir être votée une loi qui les privera de médecin quand leur médecin traitant partira à la retraite ».

Mettre en place un conventionnement sélectif, c’est « déshabiller Pierre pour habiller Paul », résume le Dr Marty qui souligne que « les Atlas démographiques publiés par le Conseil de l’Ordre sont formels : de telles zones n’existent pas. Il n’existe que des zones sous-dotées et des zones normalement dotées en médecins, n’en déplaise aux agences régionales de santé ».

Et de s’interroger, faussement naïf : « qui en France peut prétendre habiter dans une ville où il y a trop de médecins ? Quel maire accepterait par solidarité de voir ses médecins partir de sa commune ou communauté de commune, vers un autre territoire sans être remplacés ? ».

La question reste posée…

X.B.

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Vos réactions (1)

  • Les vases communicants

    Le 11 août 2022

    C'est ce que j'appelle la politique des vases communicants, sauf que, quand il n'y a pas assez d'eau, cela ne marche pas.
    On avait déjà un problème similaire depuis le début des années 2000, quand il a été question de faire faire aux généralistes tout ce que les spécialistes manquants ne pouvaient plus faire. Depuis, on s'est reporté sur les sages-femmes, les opticiens... C'est encore instable pour les IPA.
    Sur qui va-t-on se défausser pour la crise des psychiatres et des gériatres ?

    Dr Marie-Ange Grondin

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