Réforme des retraites : les libéraux payeront-ils la note ?

Paris, le jeudi 18 juillet 2019 - Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, remet aujourd’hui aux partenaires sociaux, au ministre de la santé et au premier ministre son rapport sur la mise en place d’un « système universel » de retraite par point qui doit remplacer les 42 régimes actuels.

Ce document doit servir de base au projet de réforme des retraites attendu à l'automne sur la table du conseil des ministres, puis après les municipales de mars 2020, devant le Parlement. Sa mise en application est annoncée pour 2025 au plus tôt.

Sans entrer dans tous les détails de cette réforme complexe, rappelons que le système à venir est censé permettre le maintien d’un service « public et par répartition » des retraites où un « euro cotisé » devra donner « les mêmes droits à tous », avec un âge légal de départ maintenu à 62 ans.

Les cotisations permettront de cumuler des points tout au long de la carrière et non sur les « 25 meilleures années » (dans le privé) ou les « 6 derniers mois » (dans le public).

En outre, à la place du mécanisme actuel de décote/surcote lié au nombre de trimestres cotisés, un système de bonus et/ou malus serait créé autour d’une nouvelle borne : « l’âge d’équilibre des recettes et des dépenses  », qui s’établit à 64 ans à l’heure actuelle selon ces travaux.

Le grisbi de la CARMF*

Outre les bénéficiaires de certains régimes spéciaux, les professions libérales et en particulier les médecins seront les grands perdants de ce nouveau dispositif, bien que les « indépendants » devraient bénéficier d'un temps d’adaptation supplémentaire pour leur éviter un alignement brutal.

Ainsi le SN-MCR (Syndicat National des Médecins Concernés par la Retraite) estime que les taux de cotisation du régime universel seront « inférieurs à la somme des taux actuels incluant les différents régimes (base, complémentaire CARMF, avantage social vieillesse [ASV] en totalité) ».

Ce qui aura pour conséquence « une réduction à terme des pensions (…) alors même que la pension moyenne du médecin (2645€/mois en 2018) n’est déjà pas en adéquation avec son revenu d’activité ».

Beaucoup s’interrogent surtout sur l'avenir des conséquentes réserves de la CARMF (plus de 7 milliards d’euros) et des mécanismes de soutien aux praticiens (aide en cas de difficultés financières, de décès du conjoint, action sociale...).

Difficile d’imaginer pour les praticiens que cette manne leur échappe alors même qu’elle a été constituée par leurs efforts sur des décennies.  

*Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France

Xavier Bataille

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Vos réactions (3)

  • Les réserves de la CARMF

    Le 19 juillet 2019

    Il est évident que le but est de voler les reserves de la CARMF, seule caisse bien gérée ! Merci Maudrux et successeurs. Il faut être prêt à une bataille impitoyable si nécéssaire

    D. Robine futur retraité

  • Agir vite !

    Le 21 juillet 2019

    Pas de surprise, c’est la règle en France : taxer (punir ?) sans cesse les bons élèves (ceux qui travaillent) et faire appel à la «solidarité » pour les assistés et autres profiteurs (vivier électoral grandissant).
    L’Etat va de toute évidence faire main basse sur les réserves de la Carmf.
    Une seule solution: redistribuer en urgence ces réserves (prime exceptionnelle pour les retraités et exemption de cotisations pour les actifs).

    JY. Marandon

  • Redistribution des réserves que nous avons constituées

    Le 26 juillet 2019

    S'il était courageux de nous ponctionner des réserves pour éviter de peser sur les médecins du futur (impossible) ou rendre caduque notre retraite CARMF malgré des cotisations déjà conséquentes, il est indispensable de nous les restituer au prorata des majorations de cotisations qui nous ont été imposées ! Serions nous suffisamment stupides pour en faire cadeau aux caisses qui ont vécues dans la facilité ? Merci à Mr Maudrux d'avoir prévu, merci de nous restituer nos économies puisque de toute façon nos retraites quoiqu'il en soit vont encore baisser. Ces efforts ont limité nos capacités de cotisations volontaires dans le privé. Elles nous appartiennent désormais.

    Dr F Camilleri-Loir, Arras

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