Sea, sun and…no more sex

Une activité sexuelle satisfaisante peut avoir une influence positive très importante sur le bien-être et la santé. L'activité sexuelle diminuerait la fréquence cardiaque et la pression artérielle, et réduirait le stress en augmentant la sécrétion d'ocytocine. A l'inverse, une activité sexuelle réduite serait associée à un moins bon état de santé et à une augmentation de la mortalité.

A partir des données de la "General Social Survey" - enquête nationale menée tous les deux ans aux USA-, une étude transversale a analysé la fréquence des rapports sexuels et le nombre de partenaires de plus de 4 000 hommes et de 5 000 femmes âgés de 18 à 44 ans, au cours de la période 2000-2018.

Deux questions étaient posées :

  • À quelle fréquence avez-vous eu des rapports sexuels durant les douze derniers mois ?
Les réponses proposées étaient : aucun rapport sexuel, un à deux rapports dans l'année, un à trois rapports par mois, au moins un rapport par semaine.
  • Combien de partenaires sexuels avez-vous eu durant les douze derniers mois ?
Les réponses proposées étaient : aucun partenaire, un seul partenaire, deux partenaires, au moins trois partenaires.

Pour la période 2016-2018, une majorité d'hommes et de femmes ont déclaré avoir eu au moins un rapport sexuel par semaine et n'avoir qu'un seul partenaire, ces pourcentages augmentant avec l'âge.
Plus d'hommes que de femmes n'avaient pas eu de partenaire sexuel durant l'année écoulée, (16,5 % vs. 12,0 %). Plus d'hommes que de femmes avaient eu au moins trois partenaires, (14,5 % vs. 7,1 %).
Moins d'hommes que de femmes avaient eu au moins un rapport par semaine (46,7 % vs. 53,3 %).
Moins d'hommes que de femmes avaient eu un seul partenaire (57,5 % vs. 74,2 %).

Moins de relations sexuelles chez les plus jeunes

Entre 2000 et 2018, le pourcentage d'hommes n’ayant eu aucun rapport sexuel au cours des douze mois précédents a augmenté : 9,5 % (2000-2002) vs. 16,5 % (2016-2018). Cette augmentation est encore plus marquée dans la tranche d'âge 18-24 ans (18,9 % vs. 30,9 %).

L'absence de relations sexuelles concerne surtout des hommes non mariés.

Les hommes sans emploi à temps plein et les étudiants sont plus souvent concernés.

L'augmentation du pourcentage d'hommes n’ayant pas eu de partenaire sexuel ou de relations sexuelles est observée dans la plupart des groupes sociaux, mais elle ne concerne ni les homosexuels, ni les bisexuels.

Le pourcentage d'hommes, entre 18 et 44 ans, avec au moins un rapport sexuel par semaine a diminué : 60,4 % vs. 46,7 %. La diminution est plus marquée dans la tranche d'âge 18-24 ans (51,8 % vs. 37,4 %). Cette diminution de la fréquence des rapports sexuels touche aussi bien les hommes mariés que ceux qui ne le sont pas.

Le pourcentage d'hommes entre 18 et 44 ans avec un seul partenaire a diminué : 64,3 % vs 57,5 %, et pour la tranche d'âge 18-24 ans : 44,2 % vs. 30 %.

Chez les femmes entre 18 et 44 ans, les données concernant l'activité sexuelle sont globalement plus stables.

Le pourcentage de femmes entre 25 et 34 ans sans aucun rapport sexuel lors des douze mois précédents a toutefois augmenté : 7 % (2000-2002) vs. 12,6 % (2016-2018), alors que diminuait celui des femmes ayant au moins un rapport sexuel par semaine (64,6 % vs. 54,2 %).

L'absence d'activité sexuelle concerne plus particulièrement les étudiantes, mais n'est pas associée à des revenus faibles ou à l'absence d'emploi comme chez les hommes.

 Cependant la proportion de femmes qui déclarent avoir eu trois partenaires ou plus durant les douze derniers mois (3,5 % vs. 7,3 %) a augmenté. L'activité sexuelle est relativement stable chez les femmes célibataires ; chez les femmes mariées la fréquence des rapports a diminué.

Pas de rapport sexuel depuis un an pour 30 % des hommes et 20 % des femmes

Selon les résultats de cette étude, 30,9 % des hommes et 19,1 % des femmes âgés de18 à 24 ans entre 2016 et 2018, n'avaient eu aucune relation sexuelle durant les douze mois précédant l’enquête.

Entre 2000 et 2018, l'absence de relations sexuelles est devenue plus fréquente chez les hommes de 18 à 24 ans et chez les hommes et les femmes de 25 à 34 ans. L'activité sexuelle au moins hebdomadaire a diminué dans les couples mariés.

Plusieurs hypothèses sont évoquées pour expliquer cette diminution de l'activité sexuelle.

Le stress, l'hyperactivité de la vie moderne, où le travail et les loisirs (dont les jeux vidéo) laissent peu de temps pour les relations intimes.

La difficulté pour les plus jeunes à s'engager dans la vie adulte, alors que les études ou les difficultés économiques les maintiennent dépendants de leurs parents.

Les sites internet et les réseaux sociaux qui facilitent largement les rencontres,mais qui pourraient perturber la relation réelle.

Le smartphone, qui serait devenu le pire ennemi du couple.

D'autres hypothèses pourraient être envisagées : je compte sur vous, lecteurs, pour les soumettre.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Ueda P et coll. : Trends in Frequency of Sexual Activity and Number of Sexual Partners Among Adults Aged 18 to 44 Years in the US, 2000-2018.
JAMA Network Open. 2020; 3(6):e203833. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.3833.

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Vos réactions (7)

  • L'explication est dramatiquement simple

    Le 23 juin 2020

    L'évolution d'une diminution de l'activité sexuelle, progressive et constante, tout particulièrement chez le male est à mettre en parallèle avec les modifications successive du comportement de la femelle. Il y a eu d'abord la simulation de l'orgasme, nous avons eu le tort d'accepter cette lubie et de ne pas y prêter d'attention. La phase suivante a été l'exigence d'orgasme. Psychologiquement fallait déjà faire un effort d'imagination certain pour conclure une activité sexuelle avec une femme, s'il faut en plus faire des efforts physiquement pour qu'elles arrivent à l'orgasme, qui est en plus assez effrayant ... Il est normal que les hommes préfèrent maintenant la masturbation.

    Dr Alain Braillon

  • Lent et discret glissement social

    Le 28 juin 2020

    Même si je ne suis pas d'accord avec lui, j'adore la réponse du Dr Braillon, qui a réussi à me faire décrocher un sourire ! Ce dernier écrit d'ailleurs peut-être au second degré... mais c'est pas sur...
    Peu importe.

    Dr Alexandre Conia

    Mon opinion ? Autant que je puisse en juger, j'ai perçu au fil du temps, depuis les années 1990, un lent et discret glissement vers une société un peu moins libérée, un peu plus puritaine. Les suites de mai 68, les envies de se libérer de diverses contraintes sociales et sociétales, l'absence de maladie grave liée au sexe, avaient engendrée une assez grande liberté sur le sujet ; le sexe se libérait et devenait à la mode, notamment dans les années 1980.
    Cette tendance avait déja pris un coup sur la tête à la fin des années 80, avec le SIDA, puis les hépatites, qui ont rendu le sexe moins glamour et moins insouciant.
    Depuis le début de 3e millénaire, j'ai l'impression que le sexe est moins à la mode, moins valorisé, comme si les gens avaient autre chose à faire. Comme si les priorités se modifiaient progressivement.
    Et puis nous vivons depuis quelques années un assez profond changement dans les relations entre les sexes, indispensable et bénéfique à bien des égards, mais que je pense être de nature à tirer les statistiques des relations sexuelles vers le bas, tel que décrit dans cette étude.
    Mais les choses sont souvents cycliques, même les relations humaines. Ca reviendra !

  • Baisse de libido ?

    Le 29 juin 2020

    Les hormones, la baisse de la fertilité masculine, la montée de la procréation artificielle, le monde virtuel au service des rapports désincarnés, l'ultra féminisme flippant, l'inconscient collectif ?
    Pendant des millénaires les religions prônaient l'engendrement. Les rapports sexuels étaient le seul moyen d'avoir des enfants.

    Maintenant la question est plutôt de ne pas en avoir, entre peur de l'avenir et réalité de l'envahissement exponentiel des 8 milliards humains naturophages.
    Le clivage entre sexualité et procréation a introduit une rupture paradigmatique.

    Dr Isabelle Gautier

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