Un contrôle strict de la PAS diminue le risque d’AVC en cas de FA avec HTA

Chez les patients qui ont une fibrillation atriale (FA) l’hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque indépendant de survenue d’événements thromboemboliques. Cependant, on connaît mal les résultats du contrôle de l’HTA sur la survenue d’événements thromboemboliques dans ce contexte.

C’est ce qui a conduit Kim et coll. à tenter de déterminer, chez des patients ayant une FA et une HTA, les liens entre le contrôle tensionnel et le risque de survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique ou d’événements thromboemboliques.

Pour ce faire, ils ont analysé rétrospectivement les données de 13 712 patients consécutifs qui avaient une FA : 9 505 avaient une HTA et 4 207 étaient normotendus.

Amener la PAS en dessous de 130 mm Hg


Le groupe des patients hypertendus a été divisé en quartiles pour les valeurs de la pression artérielle (PA) initiale, la PA moyenne, la variabilité de la PA indépendamment de la PA moyenne, le temps pendant lequel la PA du patient était restée, au cours du suivi, dans la fourchette thérapeutique-à savoir, PA systolique (PAS) <130 mm Hg et PA diastolique (PAD) < 80 mm Hg.

Le critère principal était l’AVC ischémique et les événements thromboemboliques. La durée du suivi a été en moyenne de 2,7 ans (1,1 à 4,9 ans) et le nombre moyen de mesures tensionnelles de 14 (6 à 25). Un contrôle strict de la PAS et de la PAD moyenne ainsi qu’une faible variation de la PA contrôlée au cabinet ont été associés à un moindre risque d’AVC ischémique et d’événement thromboembolique.

Quand la PAS des patients hypertendus traités était strictement contrôlée (PAS < 130 mm Hg dans plus de 94 % du temps de traitement), le risque de ces patients devenait semblable à celui de sujets normotendus.

En conclusion,  chez les patients ayant une FA et une HTA,  un contrôle strict et continu de la PAS ramenée, en consultation, au-dessous de 130 mm Hg avec une faible variabilité, diminue le risque d’AVC ischémique et  d’événement thromboembolique.

Dr Robert Haïat

Référence
Kim M et coll. : Controlled Level and Variability of Systolic Blood Pressure on the Risk of Thromboembolic Events in Atrial Fibrillation and Hypertension. Am J Cardiol 2022 ; 180: 37-43. doi.org/10.1016/j.amjcard.2022.06.036

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Attention au biais de raisonnement

    Le 07 octobre 2022

    Il est courant, à partir de corrélations statistiques, de conclure à une causalité inexistante.
    Dans le cas présent, tout ce qu'on peut dire est que la non obtention d'une PA normale est un facteur prédictif d'AVC. Il n'y a là rien de bien surprenant : quand la pression artérielle d'un patient reste élevée sous traitement, c'est sans doute que son athérosclérose sous-jacente est plus sévère que chez ceux qui répondent bien aux antihypertenseurs.
    Le risque vasculaire est naturellement plus élevé en cas de rétrécissement artériolaire qui est une cause commune d'HTA et d'AVC. Pour affirmer que la réponse tensionnelle au traitement n'est pas un symptôme conjoint mais une cause directe d'AVC, il faut une étude prospective de l'efficacité préventive d'une intensification antihypertensive chez les non-répondants. Cet argument faisant totalement défaut, on peut au contraire redouter les effets de l'intensification à outrance, certes favorable pour le commerce des antihypertenseurs, mais possiblement délétère chez les patients les plus âgés.
    D'une manière générale, les producteurs pharmaceutiques prétendent que, quand leurs produits se révèlent inefficaces, il faut en prescrire toujours plus. Je jugerais plutôt qu'il faut cesser les traitements auxquels les patients ne répondent pas. Quelle que soit la pathologie, un médicament qui ne donne de bons résultats à dose normale est inadapté.
    Dire que les sujets qui ont le meilleur pronostic sont ceux dont la maladie répond bien, c'est une banale tautologie : ils sont moins gravement atteints. Fâcheusement, le biais de rétrocausalité entretenu par le marketing pharmaceutique conduit à dire que c'est la poursuite effrénée d'un seuil de marqueur thérapeutique qui améliore le pronostic ; c'est au contraire le bon pronostic qui favorise le résultat thérapeutique.

    Dr Pierre Rimbaud

Réagir à cet article